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QUI ETAIT JOSEPH JOANOVICI ?

Publié le 25/08/2016 à 10:16 par rol-benzaken Tags : article blog possession sur prix center place marne image background bonne vie moi france homme travail mort argent nuit livre

Quel homme équivoque ce Joseph Joanovici  ! Chiffonnier milliardaire et illettré, juif et collabo, capable des pires compromissions et d'actes généreux. 

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Au panthéon de l'ignominie, les initiales W.W.J. méritent de figurer en bonne place. Elles signifiaient wirtschaftlich wertvoller Jude dans le langage technocratique du IIIe Reich, autrement dit «juif utile».

De tous ces affairistes qui choisirent de collaborer pendant que leurs frères montaient dans des wagons à bestiaux, le plus fameux est Joseph Joanovici, le «chiffonnier milliardaire». C'est son extraordinaire destinée qu'Alphonse Boudard raconte dans ce bouquin non moins extraordinaire - sans doute l'un des meilleurs qu'il ait jamais écrits. Il était le biographe idéal pour cette prodigieuse crapule qu'il croisa juste après la guerre sur les coursives de la Santé.

Ce juif de Bessarabie à la date de naissance inconnue (1895? 1905?), au passeport tantôt roumain, tantôt soviétique, fait fortune à Clichy sans savoir lire ni écrire. Espion russe pour les uns, agent de l'Abwehr pour les autres, M. Joseph est en tout cas un ferrailleur hors pair, un génie des métaux non ferreux: «Rien qu'avec les dents il devinait la composition d'un morceau d'étain.» En 1940, il met sans hésiter ses compétences à la disposition des Allemands, qui oublient en contrepartie son appartenance à la race maudite. 

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Pendant quatre ans, il accumule des montagnes de biftons, qui lui servent à entretenir des relations aussi nombreuses que peu reluisantes. Il possède le don d'embobiner les gens, qu'ils soient vénaux ou fanatiques, et il sait depuis toujours que les incorruptibles ne courent pas les rues. Il a ses entrées partout: dans les bordels de luxe du genre Chabanais ou One Two Two, dans l'immeuble de l'avenue Foch où Pierre Brossolette et Jean Moulin vécurent leurs dernières heures, dans les restaurants du marché noir où «se retrouvaient aussi bien les Allemands et leurs mercenaires gestapistes français que des gens de cinéma qui par la suite se targueront d'avoir réalisé des films subversifs à la barbe de la censure».

A coups d'enveloppes et de soupers fins, il s'assure les bonnes grâces des margoulins et des tueurs. Témoin ce dialogue de comédie avec Lafont. «Après tout, Joseph, tu n'es qu'un sale youpin!» lui lance un soir le bourreau en chef de la Carlingue au milieu d'invités en vert-de-gris. Alors Joanovici lève sa coupe de champagne et réplique: «Ça coûte combien pour ne plus l'être, Hauptsturmführer?»

Deux mots reviennent sous la plume de Boudard pour qualifier le milieu dans lequel patauge son triste héros: marigot, cloaque. Effectivement, le pittoresque le dispute à l'abominable dans cette galerie de trognes: les voyous reconvertis dans Nuit et Brouillard avant de se métamorphoser en épurateurs à la Libération, tel l'illustre Pierrot le Fou; les nazis de service; le W.W.J. Mandel Szkolnikoff, dit M. Michel, qui est au textile ce que M. Joseph est aux métaux; sans oublier la phalange plus discrète des BOF et des champions du retournement de veste. Mais les choses ne sont pas aussi simples avec Joanovici. Lors de son procès, en 1949, de nombreux témoins affirmeront qu'il leur a sauvé la vie: des résistants, des juifs, des aviateurs alliés. 

Et on sait qu'il arma personnellement les policiers parisiens qui déclenchèrent l'insurrection en août 1944. Bien sûr, les faisans de son acabit ont l'habitude de ménager la chèvre et le chou. Bien sûr, un investisseur aussi avisé se doutait que le vent allait tourner et que ces condamnés à mort rachetés à prix d'or à l'occupant lui tiendraient lieu d'assurance-vie. Mais Boudard cite des exemples d'authentique générosité de la part de ce ferrailleur illettré.

La paix revenue, le personnage reste sordide mais devient pathétique. Son procès est mené sans zèle excessif, car il pourrait éclabousser les plus hautes sphères de la IVe République. Il a tout de même le temps de prononcer une phrase historique: «Je n'étais pas vendu aux Allemands puisque c'était moi qui les payais.» Joanovici écope de cinq ans. Relégué ensuite à Mende, il se lance en octobre 1957 dans une cavale qui le conduit à Haïfa via Genève et Casablanca. L'Etat d'Israël, écœuré par le bonhomme, refuse de le faire bénéficier de la loi du retour, qui s'applique à tous les juifs, et le réexpédie dans les prisons françaises. Il mourra ruiné en 1965.

Pour Alphonse Boudard, qui - rappelons-le - rejoignit le maquis, on aurait tort d'écarter M. Joseph d'un haussement d'épaules. En ces années où De Gaulle n'était encore «qu'un gadget radiophonique», il fallait souvent se compromettre pour survivre. Même si le portrait de Joanovici est un miroir déformant, il nous livre le reflet d'une époque.

   J’ai lu ce qui suit sur le site juif.org qui l’a lui-même repris duFigaro. Apparemment, une série de bandes dessinées « historiques » relate l’histoire de Joseph Joinovici à sa sauce. Dans le registre : bon, c’est vrai, il a collaboré, mais enfin, quoi, les temps étaient durs. Et puis n’oublions pas qu’il a sauvé 150 juifs ! Finalement, il mériterait bien 150 médailles « du Juste », pas vrai ?

N’en déplaise aux auteurs de la BD, le personnage était parfaitement ignoble. Une ordure finie et intégrale qui s’est acheté – c’est le cas de le dire – une conduite quand il a vu que les choses tournaient mal.

Joseph Joanovici, également orthographié Joinovici (20 février 1905, Kichinev - 7 février 1965, Clichy) est un ferrailleur français d'origine juive roumaine, fournisseur de métal pour les Nazis, mais également pourvoyeur de la Résistance, et possible agent du Komintern soviétique pendant l'Occupation.

Ses activités le rendront milliardaire, mais en 1949 il sera condamné pour collaboration à 5 ans de prison. Libéré sous conditions, il tentera vainement de s'installer en Israël avant de retourner derrière les barreaux. Il retrouve sa liberté en mai 1962 en raison de son état de santé et meurt ruiné le 7 février 1965. Né en Bessarabie à Kichinev (actuelle Chişinău) officiellement le 20 février 1905 (mais il est possible qu’il ait triché sur son âge) de parents tués peu après dans un pogrom (mais il se peut que ce soit faux), Joseph Joanovici arrive en France en 1925 et, bien qu’illettré, par son travail et sa gouaille devient Monsieur Joseph, un ferrailleur réputé à Clichy en banlieue parisienne.

Lorsqu'éclate la Seconde Guerre mondiale, le ferrailleur comprend qu’étant juif, il aura besoin de « protection » et que les Allemands vont avoir besoin de gens pour leur vendre du métal, le nerf de la guerre. Il fait ainsi fortune pendant les quatre ans de l'Occupation, argent qui lui sert à entretenir de nombreuses hautes relations de tous les bords. Il fournit les Nazis, la Résistance, et peut-être aussi le renseignement soviétique. On dit que lors d'un diner, Henri Lafont, chef de la Gestapo française lui lance « Après tout, Joseph, tu n'es qu'un sale youpin ! ». Joanovici aurait alors levé sa coupe de champagne et répliqué: « Ça coûte combien pour ne plus l'être, Hauptsturmführer ? ». La DST affirmera avoir eu en sa possession une fiche allemande l'immatriculant comme agent de la Gestapo.

Lors de la Libération, il finance certains réseaux de la Résistance, comme le mouvement « Honneur de la police », ainsi que des groupements communistes. Il dénonce de plus les membres de la Gestapo française qu'il connait, permettant l’arrestation de Pierre Bonny et d'Henri Lafont le 31 août 1944 dans une ferme de Seine-et-Marne. Apprenant qui l'a dénoncé, Lafont aurait eu ce mot : « Pour une fois que Joano donne quelque chose ! » Il sera plusieurs fois arrêté, et interrogé sur ses affaires avec les nazis; il est toujours relâché. Roger Wybot, alors directeur de la DST, affirme qu'il est protégé par la préfecture de police. Le 5 mars 1947, alors que la DST tente de l'interpeler à la préfecture de police même, des complicités internes l'aident à échapper aux enquêteurs et à partir à l'étranger. Il s'en suivra une purge, qui touchera jusqu'au préfet Charles Luizet, alors qu'il était remplacé pour cause de maladie.

Joseph Joanovici revient en France se livrer à la police : il prépare un faux rendez-vous à Phalsbourg pour le 26 novembre 1947, mais se rend directement à la préfecture de Paris, pour éviter d'être arrêté par la DST au lieu de la police. En 1949, lors de son procès mené sans zèle excessif, et avec des annonces contradictoires (s'il a collaboré, il a aussi armé la Résistance), il aurait dit « Je n'étais pas vendu aux Allemands puisque c'était moi qui les payais ». Joanovici écope de cinq ans de prison, mais est libéré en 1952. La France tente de l'expulser du territoire, puisqu'il s'est présenté comme Soviétique, puis Roumain, mais aucun pays n'accepte de le recevoir. Assigné à résidence à Mende, il tente de reconstruire ses affaires, mais poursuivi par le fisc, il se lance en octobre 1957 dans une cavale qui le conduit à Haïfa via Genève et Casablanca. À cause de son passé de collaborateur nazi, il sera expulsé d'Israël (il est avec Robert Soblen et Meyer Lansky l'un des trois seuls juifs à qui Israël refusa d'appliquer la loi du retour, en vertu de laquelle la citoyenneté israélienne est accordée à tout juif qui s'installe sur son sol). Il meurt ruiné en 1965.