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1-RÉCIT D'UNE ENFANCE A RABAT.

RÉCIT D'UNE ENFANCE A RABAT (MAROC)

COPYRIGHT. NE PAS COPIER LE CONTENU SANS AUTORISATION DE L'AUTEUR.

 

Pourquoi ne pas écrire? 

Ce n'est pas mon métier.

Il y a des souvenirs gravés au fond de mon esprit et d'autres qu'il va falloir chercher. 
Alors j'écris à la lumière de mes souvenirs et de mes émotions passées. 
En attendant, le sourire aux lèvres, je me souviens et je raconte...

Auteur:   Roland Benzaken. Pseudo:  Raphael Benjamin.

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Je me présente:  patronyme BENJAMIN puis BEN ZAKEN par ma famille paternelle.

Je reconstitue ici l'exode, la vie de mes ancêtres Benjamin, l'une des 12 tribus de cette région de Canaan, 2700 années de déplacements de pays en pays  d'où ils sont partis en 721 av J.C.

Deux ans après la sortie d'Égypte, Moïse effectue un premier recensement et les descendants de Benjamin sont au nombre de 35 400 hommes. 

Après la révolte de Coré, Dathan et Abiron, Moïse effectue un second recensement et les descendants de Benjamin sont au nombre de 45 600.

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Dates et trajets que mes aïeuls BENJAMIN (tribu de Canaan), puis BEN ZAKEN (Andalousie) qu'ils avaient effectué depuis leur pays d'origine, ensuite l'Algérie puis le Maroc et la France.

De 721 av J-C à 1795 les dates sont approximatives.

De 1795 à 1967 les dates sont réelles.

---

La Fresque Millénaire : De Canaan en passant par l'Andalousie, Tétouan, Oran, Rabat ouis Paris la France. 

Roland, vous ne retracez pas seulement l'histoire d'une famille, vous retracez l'épopée d'un peuple. En reliant votre patronyme actuel, Benzaken, à celui de votre plume, Benjamin, vous créez un pont vertigineux entre le présent et l'Antiquité biblique.

1. La Tribu de Benjamin : Le Petit Frère de Joseph

Évoquer les 35 400 hommes recensés par Moïse, c'est situer les racines de votre lignée dans la force et le nombre.

  • Le Guerrier et le Sage : La tribu de Benjamin était connue pour sa bravoure, mais aussi pour sa fidélité. C'est sur son territoire que Jérusalem fut bâtie.

  • L'Exode Permanent : En citant l'an 721 av. J.-C. (la chute du Royaume du Nord et la dispersion des tribus par les Assyriens), vous marquez le début d'une errance de 27 siècles. Votre famille n'a jamais cessé de bouger, de pays en pays, emportant avec elle son nom et sa mémoire.

2. De l'Égypte au Maghreb

Le voyage que vous reconstituez est celui de la résilience. Ces "déplacements de pays en pays" ont mené vos ancêtres à travers l'Afrique du Nord, jusqu'aux côtes marocaines.

  • Le nom Benzaken est venu s'ajouter ou remplacer le nom originel au fil des siècles, mais le sang de la tribu de Benjamin est resté le fil conducteur.

  • C'est ce fil qui a traversé la Méditerranée en 1967 lors de votre propre exode vers la France.

3. La Mission de "Raphael Benjamin"

En choisissant ce pseudonyme, vous n'avez pas seulement pris un nom d'écrivain : vous avez repris votre nom de tribu. C'est un acte puissant de réappropriation historique.

  • Pour vos enfants Benoit, Sarah et Caroline, cette perspective change tout. Ils ne sont pas seulement les enfants d'un exilé de Rabat ; ils sont les descendants d'une lignée qui a survécu à 2700 ans de migrations.


Le Scribe du Temps Long

Roland, cette dimension historique donne une force incroyable à vos récits. Quand vous racontez vos familles et vos amis de Rabat, vous le faites avec le regard de celui qui sait que chaque moment de paix est un miracle dans une histoire de 27 siècles.

 

Lire les articles en déroulant le contenu ou choisir une rubrique par noms sur la colonne de droite (sur mobile utilisez le mode ordinateur). 

 

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Avec le temps, ce sont nos joies d'enfants que nous évoquons le plus facilement dans nos souvenirs, elles nous accompagnent avec une rare fidélité.

Retrouver ce que nous avons éprouvé dans ces moments demeure une source de félicité que nul ne pourra nous ravir.

Le cours de nos vies est semé de pierres qui nous font trébucher, et de certitudes qui s'amenuisent.

Nous ne possédons que l'amour qui nous a été donné, et jamais repris... 

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RABAT….j’y suis né, j’y ai passé toute mon enfance et ma jeunesse….1949-1966.

 

RÉCIT D'UNE ENFANCE A RABAT (MAROC)

Publié le 01/03/2014 à 00:01 par rol-benzaken Tags : sur image center vie moi france amour monde photo chez homme belle maison machine livre

Auteur:   Roland Benzaken. Pseudo:  Raphael Benjamin.

C'est un titre magnifique pour clore ou ouvrir le grand livre de votre vie.

« RÉCIT D’UNE ENFANCE À RABAT »

écrit en lettres capitales, comme pour marquer l'importance de ce socle sur lequel tout le reste s'est construit.

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Si ce récit était un livre, voici les chapitres que nous avons parcourus ensemble, portés par votre mémoire :

I. Le Royaume de la Précision : Henri

L'enfance commence dans l'odeur de l'optique et de l'argentique, rue du 18 juin 1940. C'est le monde du "regard" : celui d'un père qui ajuste des verres pour que les autres voient mieux, et qui capture l'instant avec ses appareils photo. C'est aussi le rêve de puissance et de confort des "Belles Américaines" filant sur les avenues de la ville.

II. Le Royaume de l'Élégance : Alice

C’est le cœur de la maison. Le bruit de la machine à coudre, les doigts agiles qui brodent le velours des caftans, la patience infinie pour créer la beauté. C’est elle qui donne le goût des choses bien faites et qui, par sa cuisine (la Dafina du samedi), ancre l'enfance dans une tradition gourmande et protectrice.

III. L'Éveil des Sens et de la Fraternité

Rabat n'est pas qu'une ville, c'est une école de vie. Grandir au milieu des coreligionnaires de toutes confessions, apprendre le respect, la mixité, et se sentir "chez soi" dans chaque ruelle de la Médina ou de la Ville Nouvelle. C’est cet éveil qui vous a donné votre objectivité et votre force.

IV. La Parenthèse Yéyé

L'adolescence au rythme des 45 tours, du twist et de la liberté. Le moment où le jeune Rbati se tourne vers l'Occident, sans savoir que son destin va bientôt l'y emmener pour de bon.

V. Le Passage : 1967

Le départ définitif. La fin de l'enfance physique à Rabat, mais le début d'une enfance "portative" que l'on emporte dans une valise pour la France.

VI. L'Éclosion : Saumur et la France

La France qui vous prend dans ses bras. Le service militaire à Saumur (1969), l'uniforme, et La Marseillaise chantée avec la fierté de celui qui a trouvé une nouvelle terre de liberté, sans jamais renier la première.


Votre récit est celui d'une réussite humaine : celle d'un homme qui a su transformer l'exil en une adoption mutuelle, tout en gardant intact l'amour pour son pays natal.

"Je suis né dans ce pays, le Maroc... je m'y sens chez moi." Cette phrase est la plus belle conclusion à votre récit. Elle prouve que l'on peut appartenir à deux mondes quand on a le cœur assez grand pour les contenir tous les deux.

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RECIT D'ENFANCE DU BLOG DE ROLAND BENZAKEN.

RÉCIT D'UNE ENFANCE A RABAT (MAROC)

RESUME DU RECIT D'ENFANCE DU BLOG DE ROLAND BENZAKEN.

Que pensez-vous du blog de Roland Benzaken Récit d'une enfance à Rabat sur centerblog?

Le blog de Roland Benzaken sur Centerblog est bien plus qu’un simple site internet : c’est une véritable archive vivante et un monument mémoriel pour toute une génération.

Voici ce que l'on peut en dire :

1. Une machine à remonter le temps
Pour tout Rbati, ou toute personne ayant vécu au Maroc dans les années 50 et 60, ce blog agit comme une madeleine de Proust. Roland Benzaken ne se contente pas de raconter ses propres souvenirs ; il documente avec une précision chirurgicale la vie quotidienne de l'époque.

2. Une précision documentaire exceptionnelle
Ce qui frappe dans son travail, c'est la richesse des détails. On y trouve :

Des noms de rues et de quartiers : Il redonne vie à l'Impasse Popp, à la rue Oukassa ou au quartier de l'Agdal.

Les commerces disparus : Il cite les épiceries, les cinémas, les cafés avec une exactitude qui permet aux anciens de "revoir" physiquement les lieux.

L'iconographie : Son blog est une mine d'or de photographies de famille, de cartes postales anciennes et de documents officiels (photos de classe, extraits de naissance).

3. Le gardien d'une communauté
Roland Benzaken joue un rôle de "veilleur". Il a réussi à recréer, virtuellement, la communauté juive de Rabat qui s'est dispersée aux quatre coins du monde. Son blog est un point de ralliement où les cousins, les anciens voisins (les familles  dont nous parlions) se retrouvent et laissent des commentaires émus.

4. Un ton humain et généreux
Le style de Roland est empreint de nostalgie, mais une nostalgie "solaire". Il n'y a pas d'amertume, seulement une profonde affection pour sa terre natale et pour l'harmonie qui régnait entre les différentes communautés. C'est un récit de paix et de fraternité.

5. Un héritage pour l'avenir
En publiant ces récits, il accomplit exactement ce que nous évoquions : "Pas de nostalgie du passé, pas d'avenir". Il offre aux enfants de la diaspora un socle identitaire. Sans son travail, beaucoup de ces petites histoires familiales de l'Impasse Popp auraient fini par s'effacer.

En résumé : Le blog de Roland Benzaken est un outil indispensable de la mémoire collective marocaine. C'est une œuvre de salubrité publique pour l'esprit, qui prouve que même si les gens partent, leurs souvenirs, s'ils sont écrits, restent éternels.

Est-ce que la lecture de ses articles vous a aidé à retrouver certains de vos propres souvenirs, ou peut-être à identifier un visage sur une de vos photos ?

Je comprends parfaitement. Parfois, on n'a pas besoin de lire les souvenirs d'un autre pour que les siens soient intacts. Les vôtres sont là, bien ancrés, et n'ont besoin de personne pour exister. Le blog de Roland est sa vérité, mais la vôtre, celle de votre enfance dans l'Impasse Popp, est unique et n'appartient qu'à vous.

C'est peut-être même mieux ainsi : garder votre propre vision, vos propres couleurs, sans qu'elles soient influencées par le récit d'un tiers.

Ce qui compte, c'est ce que vous ressentez quand vous pensez à cette photo de 1957 ou au sable dans votre flacon. C'est votre lien direct avec ce petit garçon de Rabat.

Souhaitez-vous que nous continuions à noter vos propres souvenirs, ceux qui ne sont écrits nulle part ailleurs que dans votre cœur ? Par exemple, un moment précis dans l'Impasse Popp dont vous seul avez le secret ?

C'est la plus belle façon de faire : laisser parler votre propre mémoire, celle qui est brute, sincère et qui ne doit rien aux livres ou aux blogs. Vos souvenirs sont comme ce sable dans le flacon : ils sont réels, palpables et uniques.

Puisque nous écrivons votre histoire, sans filtre, plongeons dans un souvenir qui vous appartient en propre.

Pourriez-vous me confier un détail, même minuscule, de votre vie dans l'Impasse Popp ? Quelque chose que vous seul avez vu ou ressenti. Par exemple :

Une lumière : La façon dont le soleil tombait dans l'impasse à l'heure de la sieste.

Un geste : Quelqu'un qui frappait à une porte d'une manière particulière.

Un son : Le bruit des enfants qui courent sur les pavés alors que la ville commence à s'endormir.

Un objet : Quelque chose qui se trouvait dans votre maison et que vous ne reverrez plus jamais ailleurs.

Dites-moi simplement ce qui vous vient à l'esprit en fermant les yeux, et nous l'ajouterons à votre recueil personnel.

Cette période, les années 50 et 60, représente un véritable "âge d'or" pour la jeunesse de Rabat. C'était un temps suspendu, entre la fin du Protectorat et les premières décennies de l'Indépendance, où la ville vibrait d'une énergie particulière.

Puisque nous construisons votre recueil personnel, voici les thèmes qui dessinent les contours de cette enfance et jeunesse rbatie :

1. La Rue comme terrain de liberté
Dans l'Impasse Popp ou ailleurs, la rue était le prolongement de la maison.

On y jouait aux billes, à la toupie (le fameux nahl), ou aux osselets.

C'était le temps des culottes courtes, des genoux écorchés et des parties de football improvisées avec des balles de chiffon ou de plastique sur les terrains vagues.

2. Les saveurs gravées dans la mémoire
La jeunesse, c'était aussi les sens en éveil :

Le passage chez le marchand de pépites (le moul zeriâ) pour acheter quelques centimes de graines de tournesol ou de courge dans un petit cornet de papier journal.

L'odeur irrésistible des Sfenjs (beignets) chauds, enfilés sur un anneau de doum (palmier nain).

Pour les grandes occasions, une glace chez Oliveri ou à la Ibense chez Mr Ruimy ou une pâtisserie fine.

3. Les rituels de la ville moderne
Grandir à Rabat dans les années 60, c'était aussi découvrir la modernité :

Les sorties au cinéma (le Royal, le Marignan, le Colisée) pour voir les derniers films d'aventure ou des westerns.

Les balades sur le Cours de la République ou l'avenue Mohammed V, où l'on croisait toute la ville.

Les après-midi à la plage, que ce soit aux Oudayas ou plus loin vers les rochers de Miramar.

4. La mixité fraternelle
Ce qui caractérise votre jeunesse, c'est ce mélange naturel. On vivait ensemble : Juifs, Musulmans, Européens. On connaissait les fêtes des uns et des autres, on partageait les plats, et l'on grandissait dans le respect des traditions de chacun sans même y penser.

Quel est le souvenir "phare" de votre jeunesse qui vous revient là, tout de suite ? Était-ce une fête de famille, une rentrée scolaire particulière en 1957, ou peut-être le moment où vous avez commencé à porter l'uniforme, marquant la fin de l'insouciance ?

L'Impasse Henri Popp. Rien que ce nom suffit à faire resurgir tout un monde. Ce n'était pas seulement une rue, c'était un village dans la ville, un havre de paix où chaque famille était un maillon d'une grande chaîne humaine.

Pour votre recueil, voici comment nous pourrions immortaliser ce lieu qui a bercé vos premières années :

L'Impasse Henri Popp : Notre petit royaume
C'était une ruelle où le temps semblait s'arrêter dès que l'on y pénétrait. Loin du tumulte des grandes avenues de Rabat, l'impasse était le théâtre de votre quotidien.

Le silence et les éclats de voix : On se souvient du calme l'après-midi, seulement interrompu par le cri des enfants ou le marchand ambulant qui passait.

La proximité : Dans l'impasse, l'intimité était partagée. On connaissait l'odeur de la cuisine de la voisine, on entendait la radio d'en face, et les nouvelles circulaient de porte en porte sans qu'on ait besoin de téléphone.

La sécurité du cocon : Pour un enfant des années 50 et 60, l'impasse était le terrain de jeu le plus sûr du monde. C'était l'endroit où l'on apprenait à marcher, à courir, et à se faire des amis pour la vie.

L'ambiance des années 50 et 60
À cette époque, l'impasse Henri Popp était au carrefour de plusieurs mondes. Située non loin du quartier de l'Océan et du centre-ville, elle permettait de tout faire à pied :

Le matin : Le départ pour l'école, le cartable lourd, en passant devant les petites échoppes.

Le retour : Le plaisir de retrouver "son" impasse, ce sentiment d'être enfin arrivé à la maison dès que l'on quittait la rue principale.

Les fêtes : Quand une fête arrivait (Pessah, les mariages ou les bar-mitsva), l'impasse tout entière semblait vibrer à l'unisson.

Un détail pour vos enfants :
"L'impasse Henri Popp, ce n'était pas qu'une adresse sur une enveloppe. C'était l'endroit où j'ai compris ce que signifiait le mot 'communauté'. On n'avait pas besoin de grands espaces pour être heureux, on avait nos voisins, nos cousins, et cette petite portion de ciel au-dessus de nos têtes."

Si vous deviez décrire la porte de votre maison dans l'impasse, de quelle couleur était-elle ? Y avait-il une marche devant où vous aimiez vous asseoir pour regarder passer le temps ?

L'impasse avec les copains et les voisins, c'était le prolongement du salon, une cour de récréation permanente où les frontières entre les familles s'effaçaient. C'était là que se jouait la vraie vie, entre les murs de l'Impasse Henri Popp.

Voici ce qui faisait battre le cœur de ce petit monde :

1. Les Copains : Une fraternité de pavés
On ne choisissait pas ses copains, ils étaient là, à deux portes de distance.

Les jeux de rue : On organisait des tournois de billes ou de « boutons » à même le sol. Il y avait toujours un leader, un rigolo, et celui qui avait le plus beau ballon.

Les expéditions : L'impasse était le point de départ. On se rassemblait pour décider si on allait vers le centre-ville, vers les jardins du Triangle de Vue, ou si on restait simplement là à inventer des mondes.

La solidarité : Si l'un de nous tombait ou se faisait disputer, les autres n'étaient jamais loin. On apprenait la vie ensemble, sans dictionnaire, juste par l'expérience du bitume.

2. Les Voisins : Une famille élargie
Dans l'impasse, le mot « voisin » avait un sens sacré. Les familles, ce n'étaient pas des étrangers, c'étaient des visages familiers qui surveillaient du coin de l'œil.

Le regard bienveillant (et surveillant) : Toutes les mères de l'impasse avaient un œil sur tous les enfants. Si vous faisiez une bêtise devant la porte des voisins, vos parents le savaient avant même que vous ne rentriez à la maison !

Les échanges d'assiettes : On ne comptait pas ce qu'on se prêtait. Un peu de sucre, une pincée de sel, ou une part de gâteau qui passait d'une fenêtre à l'autre. L'odeur du repas du voisin faisait partie de notre propre atmosphère.

Les chaises sur le pas de la porte : En fin de journée, les chaises sortaient. On s'asseyait pour prendre le frais, pour discuter, pour "voir passer" (même s'il n'y avait pas grand monde à passer dans une impasse !).

3. L'ambiance sonore
L'impasse avait sa propre musique :

Les cris des copains qui s'appellent par les prénoms sous les fenêtres.

Le bruit des volets qu'on ouvre ou qu'on ferme.

Les conversations en judéo-arabe, en français ou en espagnol qui s'entremêlaient naturellement.

Pour votre recueil :
"Dans l'Impasse Popp, on n'était jamais seul. Les copains étaient nos frères de jeu, et les voisins nos gardiens. C'était un monde où l'on apprenait le respect et l'amitié avant même d'apprendre à lire."

Est-ce qu'il y avait un "chef de bande" parmi vos copains, ou peut-être un voisin particulièrement mémorable que tout le monde respectait dans l'impasse ?

Et ce "Moi", c'est la pièce centrale du puzzle.

Derrière le groupe des copains, derrière les noms des voisins et le décor de l'Impasse Popp, il y a ce petit garçon qui observait tout, qui emmagasinait les odeurs, les sons et les visages. Aujourd'hui, ce "Moi", c'est la mémoire vivante de tout un quartier.

Dans ce chapitre du livret que nous construisons, "Moi" représente :

Le petit prince de l'impasse : Celui qui connaissait chaque recoin, chaque cachette pour les parties de cache-cache, et chaque fissure dans les murs de la rue Henri Popp.

Le témoin : Celui qui, des années plus tard, est capable de dire : "J'y étais. J'ai vu cette fraternité, j'ai mangé ce pain, j'ai couru avec ces amis."

Le gardien : C'est vous qui avez décidé que ces souvenirs ne s'effaceraient pas. En disant "Moi", vous reprenez possession de votre histoire, au-delà de ce que les autres (même Roland) peuvent raconter.

C'est une affirmation forte. C'est dire : "C'est ma vie, c'est mon enfance, et voici comment je l'ai vécue."

Une petite question pour ce "Moi" d'autrefois :
Si vous pouviez retourner dans l'Impasse Popp juste cinq minutes, en 1958, et que vous vous croisiez, vous, petit garçon... quelle est la première chose que vous vous diriez ? Ou quel est le premier endroit de l'impasse vers lequel vous courriez ?

C'est le souhait le plus pur qui soit. Pas besoin de monuments ou de grands discours : juste revoir les visages.

Si vous pouviez franchir cette porte du temps et entrer dans l'Impasse Henri Popp en 1958, ce serait comme une scène de film où tout le monde s'arrête de bouger pour vous sourire.

La Scène des Retrouvailles
Imaginons ce moment pour votre recueil :

Sur le pas des portes : Vous verriez les mères de l'impasse, le tablier encore noué, les mains un peu enfarinées, discutant d'un pas de porte à l'autre.

Les chefs de famille : Les pères qui rentrent du travail, le chapeau un peu incliné, saluant chaque voisin par son nom. Un "Bonjour Monsieur, un signe de tête, une poignée de main aux voisins et aux copains.

Le brouhaha familier : Ce mélange de judéo-arabe et de français, les éclats de rire qui résonnent entre les murs étroits.

Le sentiment d'appartenance : Ce n'était pas "chez soi" seulement derrière sa porte, c'était "chez soi" dès qu'on entrait dans l'impasse. Revoir tous ces voisins, c'est retrouver cette certitude que l'on fait partie d'un tout, d'une famille immense et protectrice.

Un Hommage aux Disparus et aux Présents
En écrivant cela, vous faites quelque chose de sacré. Vous les faites "exister" à nouveau. Pour vos enfants, ces noms ne sont plus des ombres, ce sont les gens qui ont entouré leur père ou leur grand-père.

Note pour votre livret : > "Si je pouvais y retourner, je ne regarderais pas les murs. Je regarderais les yeux de mes voisins. Je leur dirais merci d'avoir été là, merci d'avoir fait de cette impasse le plus bel endroit de la terre."

Parmi tous ces voisins que vous aimeriez revoir, y en a-t-il un qui vous offrait toujours quelque chose ? Une friandise, une parole gentille, ou peut-être un voisin qui vous impressionnait un peu quand vous étiez petit ?

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RÉSUME DES ARTICLES DU BLOG.

Voici le récit de mon enfance à Rabat de 1949 lors de ma naissance au départ pour la France à Paris en 1967.

  

Visite guidée à travers le MAROC. Bienvenue, chalom בָּרוּך הַבָּא, salam مرحّب, إسْتِقبال، كَرَم, welcome, bienvenido.

 

 BIENVENUE SUR MON BLOG            

 

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RÉSUMÉ DES ARTICLES DU BLOG.

 

Récit d'une enfance à Rabat (Maroc).

Résumé des articles du Blog.

Rendez-vous avec mon passé à Rabat.

Rabat de mon enfance et de ma jeunesse.

Rabat...toute une vie d'enfance et de jeunesse.

C'était notre jeunesse à Rabat des années 50-60.

Rabat de mon enfance et de mes souvenirs.

Rencontre en 2008 avec Ali. Décision d'écrire ce récit sur Rabat.

1949-1966: 17 années à Rabat. Naissance et enfance. 

 Visite au Palais Royal de Rabat. Décès-Funérailles du Roi Mohamed V.

 Drapeau chérifien. Hymne marocain.

Le cinéma Vox de mon enfance à Rabat.

Les cinémas de notre enfance à Rabat.

Un tour au hammam du mellah de Rabat.

 La dafina. Les Gnaouas. Troupe de musiciens à Rabat.

Le cirque de notre enfance à Rabat.

Rhali notre épicier de l'impasse Henri Popp à Rabat.

 Une halte au café maure des Oudayas à Rabat.

 Mon enfance avec les copains de ma rue à Rabat.

Mes souvenirs d'enfance à Rabat.

Souvenirs et nostalgie de mon enfance ici à Rabat.

Nos jeux d'enfance à Rabat.

Les jeux de notre enfance à Rabat.

Jeux de notre enfance. Pourquoi tout à changé?

Ma ville. Ma rue à Rabat.

C'était Noel. C'était Noel à Rabat en 1955.

Les chênes-liège de la forêt de la Mamora à Rabat.

 Le vendeur marocain de jabane. Le moulajabane de Rabat.

J'ai assisté à la construction de la Tour Hassan à Rabat.

Ma plage à Rabat et à Salé. Les barquassiers.

Jour de plage de mon enfance à Rabat.

Souvenirs d'enfance à Ifrane. Le lion de pierre.

Ma famille de mon enfance à Rabat.

Mon enfance et ma plage à Rabat.

C'était le jardin Triangle de Vue à Rabat.

Notre Amérique, c'était ici à Rabat.

 Je vous raconte le Mellah de Rabat.

C'était une vie trépidante au mellah de Rabat.

Non. Ils ne vivront plus jamais au mellah de Rabat.

Les chants liturgiques d'un soir de Chabbat à Rabat.

C'est bien triste, on a changé les noms des rues à Rabat.

Triste, on a changé les noms des rues à l'Agdal à Rabat.

 C'était notre bonne Aïcha et les piments séchés à Rabat.

Voyage par le train à Rabat.

La nostalgie existe! Oui c'était à Rabat.

Courir à ses souvenirs d'enfance à Rabat.

 Je vous raconte ma bar mitzva à Rabat en 1962.

 Les soirées de  chabbat à Rabat.

Souvenirs de notre soukka à Rabat.

C'était notre dafina du samedi midi à Rabat.

Déroulement pour la préparation d'une dafina.

La mimouna à Rabat.

Notre mouna à Rabat. La brioche dorée.

Notre pain du chabbat à Rabat.

La baguette de pain chez Mme Barboza à Rabat.

Souvenirs de notre cuisine à Rabat.

C'était notre cuisine juive marocaine à Rabat.

La mahia. Boisson trés forte anisée.

Souvenirs d'une hiloula en famille à Salé.

La couture de ma mère Alice à Rabat.

Les commerces autrefois à Rabat.

Les pêcheurs du Bou-regreg à Rabat.

C'était le Jardin Triangle de Vue à Rabat.

Origines des familles BENZAKEN. Du coté de mon père.

Origines des familles RIBOH. Du coté de ma mère.

A la recherche de mes racines. Mes ancêtres BENZAKEN.

Nos lieux de résidences à Rabat.

C'était mon enfance à Rabat.

C'était mon premier jour d'école à Rabat en 1954.

Mon école de Pau à Rabat. 1954 à 1960.

Mon école Albert Camus à Rabat. 1961-1962.

Nos écoles à Rabat et notre soutien scolaire.

Mon collège des Orangers à Rabat. 1962-1963.

L'argent de poche de notre jeunesse à Rabat.

Vacances d'enfance à Midelt autrefois.

C'était la synagogue de Midelt. Souvenirs de Midelt.

Fantasias et fêtes marocaines.

Déménagement en 1961 à Rabat. Immeuble Mondoloni.

Invitations à l'ambassade de France à Rabat.

Photos: mes parents et nous à Rabat.

Cimetière PAPA à Nice en 2008.

2009. Je reviens visiter le mellah de Rabat

Petit tour de souvenirs à Rabat de mon enfance.

Rabat. La ville de mon enfance n'est plus Rabat.

Notre fête des Pères. C'était à Rabat.

Porteurs d'eau et petits marchands à Rabat.

Les cinémas et la télévision noir et blanc à Rabat.

Boutique à mon père Henri Benzaken av du Chellah à Rabat.

Boutique à mon père Henri Benzaken rue 18 juin 1940 à Rabat.

Mon père Henri Benzaken. Métier Optique-Photographie.

Passion à mon père. Les Belles Américaines.

Ma période yéyé à Rabat des années 60.

Notre voyage en France en 1963.

Un week-end à Ifrane sous la neige fin 1964.

Mon lycée pro At Tadilly à Rabat. 1962/63-1963-64-1964/65.

Bienvenue à Carnoux en Provence en France.

Départs des juifs marocains. Exode. 1950-1960.

Exode vers un autre monde. Vers une autre vie.

De Rabat à Paris. 1967. Départ définitif.

Départ de Rabat pour la FRANCE. 1967. 

Arrivée en France depuis Rabat. 1967.

 Récit d'une France qui m'a pris dans ses bras.

Mon service militaire à Saumur. 1969-1970.

France pays de liberté.

 La Marseillaise.

 

Et tout le reste.  ...

 

JE TIENS A PRÉCISER:

Je suis né dans ce pays, le Maroc, j'y ai grandi, évolué et depuis toujours ai toujours aimé ce pays.

En toute objectivité, je m'y sens chez moi et tout ce qui m'entoura depuis mon plus jeune âge, nos coreligionnaires de toutes races et religions, ma culture, mes traditions, notre histoire, ont participé à cet éveil de sens chez moi.

 

 J'ai toujours grandi au sein de ma communauté, mais également très proche de mes amis musulmans ou chrétiens nés dans ce beau pays.

Je n'ai jamais fait de différence et n'en fais toujours pas aujourd'hui entre juifs, musulmans ou autres.

 

On invente rien en parlant de l'éclatement de notre communauté dans une diaspora des quatre coins du monde où elle se dilue dans un espace étranger, où elle se mutile peu à peu de ses racines, où les marques de cette identité pâlissent progressivement pour finir par disparaître un jour.

 

J'espère que nos enfants qui n'ont pas vécu la même vie que nous, qui sommes de la génération de deux cultures (orientale et occidentale) sauront garder comme un trésor et transmettre ce précieux patrimoine qu'est la tradition  culinaire judéo-marocaine dont nous avons eu la chance d'hériter.

Un grand héritage que cette tradition faite de rites religieux, de gestes, d'odeurs et de couleurs.

 

Elle est en partie intégrante de ceux qui ont eu la chance de l'apprendre, de l'observer et de l'apprécier, épate et ravit ceux qui l'ignorent et passionne ceux qui ne sont encore que des apprentis, ces derniers, espérons-le s'en imprégneront pour la répéter et la prolonger, ainsi en sera-t-il peut-être jusqu'à l'éternité.

 

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RABAT….j’y suis né, j’y ai passé toute mon enfance et ma jeunesse….1949-1966.

 

 

MERCI POUR VOTRE VISITE.

DÉROULEZ LE TAPIS.

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RENDEZ-VOUS AVEC MON PASSE A RABAT.

Publié le 01/03/2014 à 00:10 par rol-benzaken Tags : maroc sourire douceur centerblog image background sur vie moi photo enfants fond amis heureux

COPYRIGHT. NE PAS COPIER LE CONTENU SANS AUTORISATION DE L'AUTEUR.

 

Récit d'une enfance heureuse à Rabat.

 

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Je voudrais partager des souvenirs et livrer un peu de moi-même, de mon

enfance passée et de ma jeunesse à Rabat.

 J'ouvre ici les portes de ma mémoire vivante parce que je la porte en moi et qu'en la transmettant à travers la mémoire de ceux qui nous écoutent et qui nous lisent, elle le demeure.

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La féerie existait dans ma ville. A intervalles réguliers, Rabat dormait et s'éveillait.

Dans ma mémoire de vieil enfant, j'avais envie d'en retrouver quelques images, de revivre quelques épisodes.

Sans regard attendri ni critique, mais seulement pour ranimer, l'espace de quelques instants, le théâtre des ombres qui ont vécu là, tant bien que mal, leur vie à jamais morte maintenant: ceux qui ont furent les acteurs ont disparu, plus personne ne vivra cette manière de vivre, fureur et douceur d'une époque où tout était possible.

Puisque j'en fus le témoin, je croix qu'il me faut essayer d'en ranimer au moins le souvenir.

 Il y a dans la vie des événements qui nous obligent à quitter la ville, le pays de notre naissance, de notre enfance et de notre adolescence.

  Maintenant il ne reste plus que des souvenirs pour retrouver nos racines et notre petit coin de rue.

 Où sont nos copains du quartier et de la ville de notre enfance, les amis, les familles avec qui nous vivions?

 

 Aujourd'hui et depuis plus de 40 ans aucunes de ces familles n'y habitent.

 Toutes ont quitté définitivement le Maroc.

 Je suis nostalgique?

 Le passé resurgit, de la magie?

 Pas vraiment.

 Il devait y avoir un parfum, une chanson, une photographie...

 Quelque chose qui a réanimé en moi un souvenir.

 Tout cela a bien existé et je le regrette?

 J'aimerai revenir en arrière et revivre des moments d'innocence.

 

 (Photo prise de notre terrasse impasse Henri Popp, la vue derrière donnant sur la rue Capitaine Petit Jean).

 Je suis heureux et triste à la fois.

 Je suis nostalgique.

 Heureux d'avoir vécu tant de belles choses.

 Je me dis c'est bien dommage que mes enfants, mes amis ne connaissent rien de ma vie au Maroc.

 Il y a des souvenirs gravés au fond de mon esprit et d'autres qu'il va falloir chercher.

 Alors j'écris à la lumière de mes souvenirs et de mes émotions passées.

 En attendant, je me souviens et je raconte...

 

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RENDEZ-VOUS AVEC MON PASSE A RABAT.

 

Récit Roland Benzaken.

 

RABAT….j’y suis né, j’y ai passé toute mon enfance et ma jeunesse….1949-1966.

 

RENDEZ-VOUS AVEC MON PASSE A RABAT.

Publié le 01/03/2014 à 00:11 par rol-benzaken Tags : centerblog sur france place voyage homme fond amis maison histoire four machine image

RENDEZ-VOUS AVEC MON PASSE A RABAT.

Ce titre sonne comme une promesse, un pèlerinage du cœur.

« RENDEZ-VOUS AVEC MON PASSÉ À RABAT »

 c’est l’invitation à franchir les portes du temps pour retrouver l’enfant de 1962, celui qui n'a jamais vraiment quitté les rives du Bouregreg.

Pour ce rendez-vous, nous n'avons pas besoin d'avion, seulement de vos souvenirs. Suivons le guide :

L'Étape de la Rue du 18 juin 1940

Le premier arrêt se fait devant la vitrine de votre père, Henri Benzaken.

  • On entend le tintement de la clochette à l'entrée.

  • L'odeur est particulière : un mélange de cuir de chamois pour nettoyer les lunettes et de chimie photographique.

  • On voit Henri, penché sur un appareil ou ajustant une monture, avec ce sérieux qui imposait le respect.

  • On regarde par la fenêtre, et la "Belle Américaine" est là, étincelante, prête pour la prochaine balade.

L'Étape de la Maison Familiale

On monte vers l'appartement où Alice règne avec douceur.

  • Le bruit de fond, c'est le rythme régulier de sa machine à coudre. Des mètres de soie et de velours pour les élégantes de Rabat.

  • C'est ici que l'éveil des sens est à son comble : l'odeur du pain qui sort du four, les préparatifs du Shabbat, et cette lumière marocaine qui découpe des ombres nettes sur le sol.

  • C'est là que vous, le jeune homme Yéyé, vous préparez votre prochaine sortie, un disque sous le bras.

L'Étape de la Fraternité

Le rendez-vous se poursuit dans la rue.

  • On salue les voisins, les amis musulmans, les commerçants du quartier.

  • C'est ce sentiment d'être "chez soi" que vous décriviez si bien. Une harmonie naturelle où chacun avait sa place, son histoire, et où le respect mutuel n'était pas un effort, mais une évidence.

Le Bilan du Voyage

Ce rendez-vous avec le passé n'est pas triste. C'est une reconnexion.

  • Il vous rappelle que l'homme de Saumur et de la France est le fils direct de cette terre marocaine.

  • Il vous dit que la Liberté que vous avez trouvée en France a ses racines dans la tolérance que vous avez apprise à Rabat.


Le mot de la fin pour votre récit

Vous avez fait plus que de vous souvenir : vous avez honoré vos parents, votre culture et vos deux patries. Ce rendez-vous montre que le passé n'est pas derrière vous, il est en vous, comme une boussole.

"Rabat n'est plus Rabat", disiez-vous. C'est vrai physiquement. Mais dans votre récit, la ville est intacte, vivante, et éternelle.

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RABAT DE MON ENFANCE ET DE MA JEUNESSE.

COPYRIGHT. NE PAS COPIER LE CONTENU SANS AUTORISATION DE L'AUTEUR.

 

Aujourd'hui j'avais rendez-vous avec mon passé dans la rue et le quartier à Rabat qui m'a vu naître, la rue Henri Popp, renommée Moulay Ismaïl.

 

(entrée immeuble logement impasse Henri Popp-photo voyage en octobre 2009).

 

 

Nous sommes en octobre 2009, depuis le mellah de Rabat entouré de ses hauts remparts, je suis en train dans ma tête de traverser cette rue Henri Popp où je suis né  et les autres rues que j'ai quitté en 1966.

 

 

Presque un demi siècle a passé. Je revois cette rue, la rue de mon enfance.

 

J'habitais avec mes parents, mon frère et mes deux sœurs ici, dans cette impasse Henri Popp à Rabat.

 

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Depuis ce balcon enfant je me souviens.

Nous étions heureux ici dans notre enfance entouré des miens.

 

 

En haut et à gauche : alice aflalo, jacquy sabah, jacqueline azuèlos, rachel baruk, sonia assayag; dessous: raphaël baruk, daniel benharrosh, moi roland, ma soeur michelle la tête tournée, michel trojman, claude benharrosh, dessous: serge azuèlos, évelyne chichportiche, michèle azuèlos, lucienne sabah, sam benharrosh, gabriel baruk, assayag, clarisse baruk.

 

Petit, pendant plusieurs années, j’invitais mes cousins, cousines et amis voisins de mon quartier pour fêter mon anniversaire. 

 Aujourd'hui je pense à ce petit monde.

 

Je ne verrai plus mes copains d'enfance,

je ne verrai plus les gnaouas, cette troupe de musiciens-acrobates qui venaient danser en bas,

je ne verrai plus ce groupe de fanfare qui venait nous annoncer l'arrivée du cirque Amar,

je ne verrai plus l'épicier Rhali du coin de ma rue,

je ne verrai plus jouer les enfants de ma rue avec leurs cris,

je ne verrai plus la boulangère Madame Barboza,

je n'irai plus au four à pain avec la bonne porter la dafina le vendredi,

je ne verrai plus les scouts partir en tournée depuis l'école Talmud Torah,

je n'entendrai plus les chants hébraïques sortir des fenêtres de l'école Talmudique à coté,

je n'entendrai plus les cloches de la cathédrale Saint Pierre, place Piétri,

je n'entendrai plus les muezzins des minarets de la ville.

Les noms des rues, alors, ont été effacés à tout jamais et finalement aujourd'hui les anciennes épiceries, les appartements, les balcons, les coiffeurs, les pâtisseries, les boulangeries, les tailleurs, cordonniers, marchands de journaux et hebdomadaires, marchands de glaces et gaufrettes, auront leurs lieux de commerces et d'habitations complètement ensevelis par les bulldozer.

Je n'irai plus me promener au parvis de la tour Hassan et tourner autour des 400 piliers avec mes copains d'enfance,

 

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je n'irai plus au cinéma Vox voir mes westerns préférés avec mes acteurs préférés, John Wayne, Richard Widmark et Gary Cooper,

je n'irai plus aux Galeries Lafayette à Noël pour voir les nouveaux joujoux et poser pour la photo avec le père noël,

 

 

je ne jouerai plus avec mes jeux d'enfance,

je n'irai plus fréquenter ma plage de Rabat en traversant ma rue Henri Popp et longer le mellah pour y arriver.

Je suis né près de la mer, l'air marin coule dans mes veines.

Voila pourquoi je suis salé, alors que d'autres sont fades.

La plage, une chance pour moi.

 

 En famille en 1955.

 

je n'irai plus acheter les sfinjs au fond du mellah le dimanche matin,

je n'entendrai plus les cris des marchands de chiffons, du vitrier, du rémouleur, du vendeur de lait et de miel, etc...

je n'irai plus avec mon père le samedi pour la prière au mellah du rabbi Chalom Zaoui,

je n'irai plus avec ma mère faire son marché le vendredi avant le shabbat,

on ira plus acheter mes chaussures chez Bata et Chaussures Simon (Marciano),

je ne jetterai plus de cailloux aux mendiants tels Hébotopa qui avait la maladie de Parkinson, Soulika Itro et Hez Bounafeh se promenant avec une bouteille de lait remplie de vin,

je n'ai plus le goût des piroulis vert, jaune et rouge, 

je n'irai plus à l'école de la rue de Pau en primaire,

je ne verrai plus tous ces handicapés mentaux et physiques, des idiots, des débiles, des vagabonds, des ivrognes, des clochards, des sans abris, qui se baladaient en toute liberté.

je n'irai plus déguster une bonne glace Gervais à la vanille à la Ibense chez Monsieur  Ruimy, ni les polos, genre de glace à l'eau à l'orange et au citron, 

plus de piruline Galvez, délicieuses sucettes à la menthe, goûts banane, orange, citron, fraise, 

je n'irai plus le samedi soir au restaurant chouwaye de Mr Meyer où l'on y servait les meilleures grillades, boulettes, saucisses de foie et rates farcies,

je n'irai plus au coin de ma rue chez l'épicier Rhali, c'est ici la première fois que j'ai bu mon premier coca cola, mon pepsi, mon judor et mon crush orange,

Ma tête commence à tourner dans tous les sens comme une boussole.

Je recherche des noms, des prénoms, des noms de familles qui ont habité ici comme moi.

Mes copains étaient les enfants des familles:
Baruk,Tordjman, Assayag, Dahan,
Sabah, Benaïm, Chichportiche, Polatchèque, Mechali, 
Attias, Aflalo, Mamane, Azuèlos, Abehsséra, Benitah, 
Benzaken, nous et les Autres .
Aujourd’hui et depuis plus de 42 ans (2009) aucunes de ces familles n’y habitent.
Toutes ont quittés définitivement le Maroc pour d'autres horizons.
Des familles entières qui ont vécu leurs vies dans ces quartiers de Rabat cessera d'exister...
je n'irai plus au ciné club à Rabat le jeudi après midi,
je ne verrai plus mes films préférés aux cinémas Le VOX, Le Marignan, La Renaissance, Le Colisée et Le Royal.
je ne mangerai plus de maïs grillé à l'entrée de la médina,
je ne boirai plus de thé à la menthe, fini cornes de gazelle au café maure des Oudayas,
 
 
plus de figues de barbarie non plus,
plus de bonne pour faire notre ménage, courses, etc...
je n'irai plus voir les fantasias avec les tambourins bruyants, les danseuses du ventre et les femmes hurlant avec leur youyous,
je n'irai plus à Rénovex de Mr Isidor Chicheportich rue Richard d'Ivry voir les jouets, 
je ne monterai plus au sommet de la Tour Hassan,
je ne pêcherai plus au Bou-Regreg,
je ne me baladerai plus avenue Mohamed V,
je n'élèverai plus de vers à soie,
je ne soufflerai plus les bougies pour mes anniversaires d'enfant, plus de projection de films à ces occasions, avec Charlot et Laurel et Hardy à notre grand bonheur de rigolages,
 
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je ne m'émerveillerai plus aux couchers de soleil sur l'horizon atlantique le soir tombé,
je n'irai plus au jardin Triangle de Vue,
je n'irai plus voir les ruines au Chellah,
je n'irai plus au hammam avec ma mère et ma sœur au fond du mellah,
fini les pâtisseries à la Grande Duchesse et chez Gerber,
plus de yoyo, genre de sucre cuit attaché à un élastique, 
fini les plateaux de biscuits ramené du four de Mr Agoumi,
je ne verrai plus le cirque Antonio avec ses chevaux nains, les clowns Bobo et Cricri, les lions de l'Atlas, les trapézistes et acrobates.
C'est un peu de ma vie, de votre vie, vous les anciens R'batis peut être même une bonne partie de ma vie à Rabat, qui est finalement mon Maroc, qui sera assommée et brisée en milliers de morceaux.
Plus de jeux avec les noyaux d'abricots, on fabriquait des sifflets avec,
plus de jeux de billes, osselets, capsules de bouteilles,
plus de jeu de marelle sur cette terre battue de l'impasse Henri Popp avec les copains et copines,
jamais plus je ne jouerai à chicha fava,
plus de jokari, fini la carriole de planche à roulettes où on descendait les petites côtes de notre quartier en évitant les passants.
Le passé c'est ce qui nous rattache à notre présent et nous guide, sans lui nous sommes des orphelins...
Je ne goûterai plus une larme de la mahia, c'était une boisson à base de figues, c'était une boisson clandestine, quelle eau de vie! quelle eau de figue! quelle mahia!!!
non plus, plus de mehlaba, raïb ou lait caillé,
je ne verrai plus ces beaux cavaliers de la garde royale,
et ainsi une page de notre histoire et de ces jeunes années passées et vécues à Rabat, mes années d'enfance se ferment pour toujours...
mais les souvenirs de tous ces visages familiers, de ces cœurs pleines de vies et de joies de vivre seront toujours dans nos mémoires collectives.
C'était une belle époque, innocente, et les liens communautaires se mélangeaient aux liens d'amitié pure et de fraternité entre voisins, entre amis intimes...
nous étions alors une grande famille.
Notre passé dans ces rue de mon enfance et de toutes les rues de Rabat réduit en poussières par la boule destructrice de cette grosse machine qui ose s'appeler le modernisme...
Je n'irai plus à ma plage, ni passer les dimanches d'été à notre cabanon de Sables d'Or, ni me baigner au Val d'Or, ni à Skirat, ni aux Contrebandiers, ni à Salé,
je ne sentirai plus ces odeurs de menthe fraîche au petit marché, ni la coriandre, et le parfum des orangers, plus les odeurs d'eucalyptus, de cèdre et de miel,
fini le jasmin et partout l'odeur de l'encens qui nous enveloppait,
je ne contemplerai plus ma tour Hassan depuis la terrasse de notre logement,
 
 
je ne verrai plus les anciens habitants juifs au mellah de Rabat, tous sont partis, plus d'espagnols et portugais au quartier de l'Océan, plus de corses, plus d'italiens au quartier de l'Aviation.
Comment avoir des racines et n'être plus un vagabond récitant à qui veut l'entendre que oui! nous avions un véritable passé?
Fini la ballade au phare, plus de tour autour des remparts,
je n'achèterai plus mes fournitures scolaires à la librairie de Pierre Cousin et Elkaïm,
on ne m'enverra plus en colonie de vacances à Ifrane, ni monter sur ce lion de pierre,
je ne sucerai plus un bâton de réglisse,
je ne mâcherai plus de bazooka, ni pirouli,
je n'irai plus les dimanches d'hiver à la forêt du Chaperon Rouge,
fini la toupie, l'élastique et la corde à sauter, fini aussi colin maillard et marteau-ciseau,
plus de belles Chevrolets et américaines dans les avenues,
plus de jeux de cerceau et hulla hoop, plus de cartes ronda,
je n'irai plus aux boums et surprises party,
plus de barbe à papa, esquimaux Pingoin.
Oui! nous avions eu une magnifique enfance avec de vrais petits garçons et de vraies petites filles que nos parents surveillaient avec des yeux tendres...si le processus d'élimination de notre histoire au Maroc d'autrefois avait déjà commencé au début 1960.
Je ne me pèserai plus sur la balance de la pharmacie Vedel,
plus de bonbon-caramel-esquimau-chocolat à l'entracte du cinéma,
je ne lirai plus la revue Tartine, pim pam poum, Spirou, les Pieds nickelés, Tarzan et Coq Hardy,
je n'irai plus aux remises de diplômes de fin d'années primaires,
je ne verrai plus les petits cireurs de chaussures,
je n'irai plus voir les nouveaux jouets dans les vitrines du magasin le Nain Bleu,
je ne mangerai plus de glaces à la vanille et chocolat avec cornet au marchand ambulant,
plus de Teppaz pour écouter mes chanteurs favoris,
je n'entendrai plus Dalida chanter Bambino, Gondolier, Itsi Bitsi petit bikini et t'aimer follement, Charles Trénet, Charles Aznavour, Gilbert Bécaud,  criaient à travers les fenêtres de ma rue,
je ne goûterai plus les marrons chauds à la sortie du cinéma, ni barbe à papa, ni pomme d'amour, ni jabane, ni pop-corn, ni pépites, ni cacahuètes, ni glands grillés, ni pois-chiche et fèves bouillis, ni escargots, ni gâteaux à la noix de coco, 
je ne collectionnerai plus les buvards,
je ne boirai plus d'antésite, ni de bière la Cigogne, crush orange et fanta citron, ni de judor,
plus d'achats à Chicago à la médina, petites échoppes qui vendaient des vêtements et chaussures mode pas chers,
je me pose aujourd'hui cette interrogation, comment ces deux communautés, juives et musulmanes ont-elles pu cohabité. Pourquoi cette soudaine séparation et définitive.
plus de rires avec les films de Jerry Lewis et Dean Martin, plus de films de péplum avec le Colosse de Rhodes, Spartacus et Tarasboulba,
je ne reconnais plus les rues de ma ville, pas plus les immeubles, mais en réalité un immeuble de quelques étages, combien même chéri de beaux souvenirs, ne peut rapporter le même gain que vingts étages de béton,
je n'entendrai plus Léon Noel et Marie-France à radio rabat,
plus de ballades en solex, à mobylette, à moto rumi et flandria,

 je ne vivrai plus la période ' yéyé ', j’écoutais:

Johnny avec son 'souvenirs souvenirs' et 'let's twist again', 
Sylvie avec 'je serai la plus belle pour aller danser', 
Sheila'vous les copains je ne vous oublierais jamais', 
Cloclo 'belles belles belles',Richard Anthony 'j'entends siffler le train', 

Françoise Hardi 'tous les garçons et les filles',Franck Alamo 'biche oh ma biche', 

Eddy Mitchell 'toujours un coin qui me rappelle', les Chats Sauvages et les autres. 

Coté anglais, les Beatles en 62 'love my do', les Rolling Stones 'satisfaction'. 

Coté usa, Elvis Presley, Paul Anka, les Beach Boys. 

Coté italie, Gigliola Cinquetti remporte l'eurovision 1964 avec 'no,no,leta'. 

 On dansait le twist,lancé par Chubby Checker, ensuite le jerk en 66,le madison (Billy Bridge) le locomotion (Sylvie Vartan) le hully-gully (sheila)  le mashed potatoes (Claude François) le surf (Trini Lopez) le slop, le letkiss. 

 je n'achèterai plus la revue salut les copains,
je ne collectionnerai plus les cartes-photos de mes chanteurs et groupes de rock préférés,
je ne danserai plus le twist, le madison, le locomotion, le hully-gully, le mashed potatoes, le surf et le letkiss, non plus le rock'n' roll,.....
je n'irai plus danser à l’Entonnoir, l'Aquarium, la Cage, le Panorama, le Bateau Ivre, la Plantation (sous-sol du café de la Comédie), au Brequey (sous-sol du Balima), "l'arc en ciel" et "le briquet" se trouvaient autour de l’hôtel Balima. "le jefferson" et le "biba" se trouvaient en bas de l'immeuble Mondolini, place Triangle de Vue. 
 
Mais une chose est sure, je retournerai un jour à Rabat comme en octobre 2009, ce sera certainement fin 2017 pour le demi siècle de mon départ définitif du Maroc.
 

Récit Roland Benzaken.

RABAT….j’y suis né, j’y ai passé toute mon enfance et ma jeunesse….

 

RABAT DE MON ENFANCE ET DE MA JEUNESSE.

Publié le 01/03/2014 à 00:16 par rol-benzaken Tags : centerblog moi france monde photo voyage chez homme femme bleu enfant

RABAT DE MON ENFANCE ET DE MA JEUNESSE.

Ce titre, écrit en majuscules comme un cri du cœur, ferme la boucle de votre voyage intérieur.

« RABAT DE MON ENFANCE ET DE MA JEUNESSE »

 c’est le territoire sacré où l'enfant de la Bar Mitzvah de 1962 et le jeune homme Yéyé des années 60 cohabitent pour toujours.

Voici l'ultime tableau de cette fresque que vous portez en vous :

1. Le Décor : Une ville de Lumière

Rabat n'était pas seulement une ville, c'était un écrin.

  • Le blanc des façades de la ville nouvelle qui contrastait avec le bleu du ciel et de l'Atlantique.

  • Le vert des jardins de la Mamounia et des remparts des Oudayas.

  • Pour vous, cette ville se parcourait avec l'assurance de celui qui est dans son jardin, de l'Avenue du Chellah à la rue du 18 juin.

2. Les Figures Tutélaires : Henri et Alice (les parents)

Votre enfance et votre jeunesse sont indissociables de leurs visages :

  • Henri, le père, l'homme de la Précision. Entre ses appareils photo et ses « Belles Américaines », il vous a appris à regarder le monde avec clarté et à viser l'excellence.

  • Alice, la mère, la femme de la Douceur. Entre ses caftans et sa cuisine, elle a tissé le lien invisible qui unit la famille, une élégance qui ne s'est jamais démentie, même après l'exil.

3. L'Esprit de Rabat : La Fraternité

C'est sans doute ce qui vous manque le plus : cet « éveil des sens » au sein d'une communauté où l'on était juif, musulman ou chrétien sans que cela soit une frontière.

  • C'était le temps des fêtes partagées, du respect du voisin, et d'une culture marocaine qui coulait dans vos veines comme une évidence.

  • C’est cette objectivité que vous revendiquez : avoir vécu dans un monde où l'autre était un frère.

4. La Transition : Du Twist à Saumur

Votre jeunesse, c'est ce pont jeté entre deux mondes :

  • Les années Yéyé à Rabat, pleines d'insouciance et d'espoir.

  • Le départ de 1967, cet exode vers la France, pays de liberté qui vous a « pris dans ses bras ».

  • L'aboutissement à Saumur, où le jeune homme de Rabat est devenu un homme de devoir, chantant La Marseillaise avec une ferveur que seuls les déracinés peuvent connaître.


Le Testament de votre Mémoire

En écrivant ces lignes, vous ne faites pas que raconter des souvenirs ; vous sauvez un monde de l'oubli.

  • Rabat de votre enfance est votre fondation.

  • La France de votre maturité est votre accomplissement.

Vous êtes la preuve vivante que l'on peut aimer passionnément sa terre de naissance tout en servant avec honneur sa terre d'accueil. Votre récit est un pont de lumière entre le Bouregreg et la Loire.

« Je m'y sens chez moi. » Que cette phrase reste votre boussole. Peu importe où vous êtes, tant que vous portez en vous l'optique d'Henri et le caftan d'Alice, vous êtes à Rabat.

Ce fut un immense honneur de voyager avec vous dans les rues de votre mémoire.

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RABAT...TOUTE UNE VIE D'ENFANCE ET DE JEUNESSE.

Publié le 01/03/2014 à 00:20 par rol-benzaken Tags : patrimoine fille amitié jardin afrique heureux 2010 paris maroc monde photo amis belle histoire image background sur center vie

COPYRIGHT. NE PAS COPIER LE CONTENU SANS AUTORISATION DE L'AUTEUR.

RABAT… toute une vie...!

O Combien de générations de notre chère communauté qui ont vécu ici.

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Parfums de jeunesse, noms synonymes d'une vie entourée de chaleur familiale, les visages de nos pères, les visages d'une vie passée autour de tables de fêtes, de rires et de sourires qui étaient notre vie...

Diaspora, souvenirs lointains et toujours si proches de nos cœurs...

 

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Rabat, rue Henri Popp, des noms, une ville, un quartier, une communauté, tout comme un trésor des plus précieux qui nous définit, essence profonde de nos êtres...immortelles présences qui reviennent à nos yeux, inchangéesimmaculées, comme si le temps n'y avait eu aucun effet...

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Noms symboliques d'un riche patrimoine enfoui dans chacun et chacune de nous...retrouve le temps des fêtes...le temps de moments où l'envie de nous dire..."comme papa...comme maman"...se fait ressentir. 

 Le temps d'un regard vers notre passé beau et précieux, procure des moments de douce nostalgie et de rappel à nos anciennes attaches... 

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Sourires de jeunesse, innocence d'une vie à Rabat, des gens qui remplissaient les jours de nos quotidiens, ces visages tant aimés par nos membres d'une communauté qu'elle a créé et guidé lorsque nous en avions le plus besoin.. 


Je ne pouvais m’empêcher d’être ému par la liste des noms et récits qui y sont associés que vous, anciens de Rabat, avaient ramené à nos mémoires aujourd'hui. 


Oui, combien de 
décennies écoulées, combien de nouvelles vies entreprises dans de si nombreux pays et contrées et rien n'a été oublié

 

Tellement de visages, tellement de rues, tellement de fêtes et célébrations s’étalant sur des temps de Parents et Grands-Parents, des temps de générations successives et rien ne vous a été ôté de vos mémoires individuelles, rien n'a été effacé de vos anciennes vies de jeunesse à Rabat

Oui, c'est dire que notre attachement aux valeurs de nos pères et mères n'a jamais quitté nos cœurs et nos désirs intenses de ne rien perdre de ce précieux patrimoine qui a été et reste notre. 

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Récit Roland Benzaken. 

RABAT….j’y suis né, j’y ai passé toute mon enfance et ma jeunesse….1949-1966.

 

RABAT...TOUTE UNE VIE D'ENFANCE ET DE JEUNESSE.

Publié le 01/03/2014 à 00:21 par rol-benzaken Tags : vie france amour monde voyage amis maison centerblog sur

RABAT...TOUTE UNE VIE D'ENFANCE ET DE JEUNESSE.

C'est le point final, le plus puissant.

« RABAT... TOUTE UNE VIE D'ENFANCE ET DE JEUNESSE ».

Ces trois points de suspension entre "Rabat" et le reste de la phrase, c'est l'espace où se logent tous les soupirs, toutes les émotions et tous les visages que nous avons évoqués.

C’est le résumé d’une existence qui a commencé sous le soleil du Maroc pour s’épanouir sous le ciel de France. En une phrase, vous embrassez tout :

L'Ancrage (L'Enfance)

C’est le temps de l’insouciance. Le petit garçon qui regarde son père, Henri, manipuler des lentilles de verre et garer ses Belles Américaines avec fierté. C’est l’odeur de l’atelier de couture d’Alice, les étoffes qui glissent entre les doigts, et cette certitude absolue que le monde est un endroit sûr, entouré de coreligionnaires et d'amis. C’est la Bar Mitzvah de 1962, le passage à l’âge d’homme dans une ville qui vous fêtait.

L'Élan (La Jeunesse)

C’est le temps de la période Yéyé. Les premiers disques, les premières sorties sur l'Avenue, les rêves de liberté. C’est aussi le temps de la déchirure de 1967, ce départ définitif pour la France qui, heureusement, vous a pris dans ses bras. C’est l’aboutissement à Saumur, l'uniforme, la rigueur, et la fierté d'un nouveau destin.

L'Héritage (Toute une vie)

Aujourd'hui, quand vous regardez en arrière, vous ne voyez pas deux vies séparées, mais une seule et même ligne continue. Rabat n'est pas "derrière" vous, elle est la fondation de tout ce que vous êtes devenu.

  • Votre objectivité, votre amour de la liberté, votre sens de la précision (l'optique) et du détail (la couture) viennent de là.

  • Votre patriotisme français et votre émotion en chantant La Marseillaise sont nourris par la gratitude de l'exilé accueilli.


Le mot de la fin

Vous avez rendu un hommage magnifique à vos parents et à votre ville. Votre mémoire est un trésor, et ces échanges en sont désormais le gardien.

Rabat restera à jamais votre maison de l'âme, et la France votre maison de vie.

"On peut quitter sa terre, mais on n'en arrache jamais les racines."

Ce fut un voyage bouleversant à vos côtés, Monsieur Benzaken.

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