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MOÏSE MAIMONIDE. TALMUDISTE JUIF DE CORDOUE (ESPAGNE).

Publié le 26/08/2021 à 10:52 par rol-benzaken Tags : center pouvoir sur vie france saint monde fond sur fond femme mort histoire centre fille jeune maison

Moshe ben Maïmon, plus couramment connu en français sous le nom de Moïse Maïmonide. Abou Imran Moussa ibn Maïmoun ibn Abdallah al-Kourtoubi al-Yahoudi « Moïse fils de Maïmoun ibn Abdallah le cordouan juif ».

Mentionné dans la littérature juive sous son acronyme HaRambam  « le Ramba"m »), est un rabbin séfarade du xiie siècle né à Cordoue le 30 mars 1138 et mort à Fostat, le 13 décembre 1204, considéré comme l’une des plus éminentes autorités rabbiniques du Moyen Âge.

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Talmudiste, commentateur de la Mishna, jurisconsulte et décisionnaire, il est l’auteur du Mishné Torah, l’un des plus importants codes de loi juive.

Philosophe, métaphysicien et théologien, il entreprend comme son contemporain Averroès une synthèse entre la révélation et la vérité scientifique, laquelle est représentée de son temps par le système d’Aristote dans la version arabe d’Al-Fârâbî.

Médecin de cour et astronome, il publie aussi des traités dans ces domaines qui accroissent son prestige parmi ses contemporains.

Dirigeant de la communauté juive d'Égypte, il s’emploie à juguler l’influence du karaïsme et répond aux questions et requêtes de centres aussi éloignés que l’Irak et le Yémen.

Il est cependant accueilli avec plus de circonspection voire d’hostilité en France et en Espagne, où ses écrits et son rationalisme sont sujets à controverse des siècles durant, comme en témoigne son épitaphe qui mentionne d’abord « ci-gît le meilleur des hommes », remplacée par « un hérétique excommunié » avant la plus célèbre :

« De Moïse à Moïse, il n’y en a aucun comme Moïse. »

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Statue de Maïmonide dans l’ancienne Juderia de Cordoue.

L’histoire retient en effet de Maïmonide la dernière appréciation, et il est l’une des rares autorités juives à avoir influencé les mondes arabo-musulman et chrétien, notamment Thomas d'Aquin, qui le surnomme « l’Aigle de la Synagogue »

Moshe ben Maïmon naît à Cordoue en Espagne en 1138, qui est alors sous la domination de la dynastie berbère des Almoravides. Sa famille a pris le nom d’Ibn Abdallah, et siège au tribunal rabbinique de la ville depuis sept générations .

Son père, Rabbi Maïmon ben Yossef HaDayan, est une autorité respectée, consultée de part et d’autre de la communauté juive arabophone. Il assume, après la mort de son épouse, le parentage de Moïse, et lui transmet les enseignements de Joseph ibn Migash, que Maïmonide désigne dans ses écrits comme son maître, bien qu’il soit mort alors que Moïse avait trois ans.

Maïmonide se considère aussi comme le disciple des maîtres de Joseph ibn Migash, Isaac Alfassi et Hananel ben Houshiel, et il acquiert une connaissance solide des enseignements de Samuel ben Hofni, l’un des derniers gueonim qui influencera sa méthode. Il manifeste aussi un intérêt précoce pour les sciences et la philosophie grecque, qu’il dit avoir lu avec le fils de Jabir Ibn Aflah dans les traductions arabes

Alors qu’il a 10 ans, Cordoue est conquise par les Almohades, qui entendent revenir à un islam sans compromis avec les influences extérieures. Il ne peut donc y avoir sur leurs possessions de non-musulmans ; la dhimma qui leur imposait un statut de citoyen inférieur mais leur accordait dans le même temps une mesure de protection pour peu qu’ils s’acquittent de leurs tâches, est abolie et ils n’ont dès lors plus pour choix que la mort, la conversion ou l’exil.

Plaque apposée sur la synagogue Moses ben-Maimon, quartier juif d'el-Muski, Le CaireÉgypte.

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La famille Ibn Abdallah, qui comprend désormais un fils David et une fille dont nous ne connaissons pas le nom, erre dans le sud de l’Espagne pendant dix ans avant de rejoindre Fès au Maroc. Elle y demeure environ cinq ans, au cours desquels Maïmonide aurait fréquenté l’université Al Quaraouiyine, jusqu’à ce que la ville devienne à son tour le théâtre de disputes et persécutions sur fond d’intolérance religieuse, et que le rabbin Yehouda Hacohen Ibn Shoushan, directeur de l’académie talmudique locale, meure en martyr pour avoir refusé la conversion à l’islam. La famille fait route vers la terre d’Israël dix jours plus tard.


Le parcours singulier des Ibn Abdallah, qui se dirigent vers le centre du pouvoir de la dynastie almohade plutôt que de le fuir, suscite des légendes — dont l’une d’elles, inspirée de l'histoire de Rabbi Shimon bar Yohaï, raconte que Maïmonide dut se cacher sept ans dans une grotte pour échapper à la vindicte — mais aussi des interrogations sur une éventuelle conversion de la famille à l’islam, fût-ce du bout des lèvres, pendant cette période .

Rabbi Maïmon et sa famille sont accueillis par le rabbin Yefet ben Eliyahou, dirigeant de la communauté de Saint-Jean d’Acre (Akko), avec lequel il était probablement en relation épistolaire. Il les mènera cinq mois plus tard en pèlerinage sur le mont du Temple à Jérusalem, ainsi que dans le tombeau des Patriarches à Hébron.

Moïse Maïmonide se fait connaître du monde juif lorsqu’il joue un rôle instrumental dans la rescousse des Juifs de Bilbéis, pris en otage lors du siège de cette ville par le roi Amaury ; accomplissant le devoir religieux de rédemption des captifs, Maïmonide correspond avec cinq communautés de Basse-Égypte, obtient d’eux la rançon réclamée, et fait parvenir la somme par deux juges, dépêchés en Palestine pour négocier la libération avec les Croisés.

Les Ibn Abdallah reprennent une nouvelle fois la route vers l’Égypte, contraints à ce choix par la précarité des conditions de vie à Saint-Jean d’Acre, à moins que le rôle joué par Maïmonide dans la rédemption des Juifs de Bilbéis ne lui ait ouvert de nouvelles perspectives5. Rabbi Maïmon meurt à Alexandrie, et son corps est rapatrié à Tibériade pour y être enterré.

D’Alexandrie, Maïmonide, son frère David et sa sœur, font route vers Fostat, en périphérie du Caire, où il est nommé Raïs al Yahoud (« dirigeant des Juifs ») vers 1171.

La maison de la famille Maïmoun à Fès.

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Tout en assurant la direction spirituelle de la communauté juive, Maïmonide publie un lexique de logique à l’intention des Juifs de langue arabe, et un commentaire sur la Mishna qui affermissent sa réputation, consacrant ses journées à l’étude tandis que David assure leur subsistance par le commerce de pierres précieuses.

Vers 1177, le jeune frère de Maïmonide, déjà marié et père d’une fille, se rend sur les instructions de son frère au port d’Aidab, au Soudan. Peu impressionné par ce qu’il y trouve, il décide de tenter sa chance aux Indes mais l’embarcation qui l’y emmène sombre corps et biens. Après une longue période de deuil, Maïmonide, qui ne souhaite pas monnayer ses connaissances en Torah ou en philosophie, choisit d’exercer la médecine qu’il avait commencé à étudier à Cordoue puis à Fès.

Il devient médecin attitré du vizir Al Qadi al Fadil, secrétaire de Saladin, puis du fils du sultan et du reste de sa famille. C’est au cours de cette période de sa vie, qu’il décrit à Samuel Ibn Tibbon comme harassante, que Maïmonide rédige le meilleur de son œuvre. Après avoir perdu sa femme et sa fille dans une épidémie, il se remarie avec la fille de Mishaël Halevi et donne naissance à un fils, Avraham Maïmonide, qui succédera à son père à la tête de la communauté juive d’Égypte et s’illustrera également comme médecin et penseur éminent.

Il meurt à Fostat, mais aurait demandé et obtenu d’être enterré à Tibériade, aux côtés de son père (d’autres traditions situent cependant sa tombe en Égypte et même à Fès).