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RECIT POUR MA MERE. ANNEE 1982. J'AI 33 ANS. 33/84.

Publié le 07/08/2022 à 00:33 par rol-benzaken Tags : enfant centerblog sur plat trot vie moi place photo homme papier article femme photos air livre

J'ECRIS SUR MA MERE.

Rappelons-nous que nos mamans étaient vivantes. Elles ne sont pas immortelles.

Mon cœur est inconsolable ! J’ai perdu un être cher et je ne suis pas sûr que je pourrai m’en remettre. D’ailleurs, je ne suis pas sûr de vouloir m’en remettre, comme si la douleur m’aidait à rester connecté à toi Maman.

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Je me souviens et je raconte.

J'ai 33 ans en 1982. Elle a 63 ans. Papa 65 ans.

Mariage de Alice le 20 février 1941 à Rabat au Maroc avec Henri Benzaken.

En 1982 ils fêtent leur 41 ans de mariage.

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Petit souvenir d'enfance avec maman à Rabat vers 1958.

Maman avait 38 ans. J'avais 9 ans.

L'épicier mozabite de mon enfance à Rabat.

Rue du Chellah à Rabat, à l'enseigne, "Au Roi du Fromage", à peine visible, et peinte en blanc à même le mur décrépi, on pénétrait dans l'antre de l'épicerie, à la vie retirée et coupée de la rue.

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Après que mes yeux brûlés par la lumière de onze heures se furent accoutumés au "clair-obscur" de ce Rembrandt, se détacha dans l'encoignure de l'entrée, le vieux Mozabite, sa barbe grisonnante sur sa djellaba de laine, trônant sur sa chaise haute, derrière sa caisse enregistreuse aux reflets d'étain, une main sur les grosses touches jaunies, l'autre à plat sur un chasse-mouche, toutes deux prêtes à l'attaque.

J'entendis, venant de l'arrière-boutique, un trot de babouches, et un "A votre service !".

Le corps fortement penché de côté, la bouche déformée semblant rire éternellement, le fils ne devait pas voir souvent la lumière. Mais, leste et efficace, il avait déjà posé le panier à provisions à côté du tonnelet de cornichons, et attendait, miracle de l'équilibre, la liste des commandes, tandis que l'épicier s'apprêtait, le tiroir-caisse remis à zéro d'une touche musicale .

L'apparent bric-à-brac du magasin, n'avait d'égal que la précision des gestes de cette étrange apparition, qui le premier étonnement du client passé, sautait de place en place, pour peser un cornet d'olives noires, emplir un litre d'huile, ou trancher avec précision un quart de gruyère, jeté sur le plateau de la balance avec son papier fin.

Jamais les babouches n'avaient à revenir sur cette décapitation, et le fromage emballé allait dans le panier rejoindre la livre de beurre, le sachet de safran, la cellophane du paprika, et à chaque article ponctué par la sonnerie de la caisse enregistreuse, qui bénissait ainsi la commande de ma mère, les babouches s'affairaient du sac de riz à la balance, de la balance au panier, pendant que moi, je furetais dans le dédale des sacs de jute, à la panse ventrue, leurs cols bien roulés à la hauteur de mon nez, sur leurs cargaisons de pois chiches, de haricots secs bariolés, d'amandes grillées, de graines de soleil, de figues sèches et de noix burinées comme des cervelles de mouton.

Mais faisant un écart à l'odeur de la saumure du baril de harengs séchés, je me heurtais enfin aux cacahuètes, entières et fibreuses, que je décortiquais comme un jeune singe, sous le regard bienveillant du vieil homme.

Bousculées par les allées et venues du jeune mozabite, les vapeurs de cannelle se mélangeaient au gingembre, aux bâtons de vanille, et au thé de menthe verte, et rapidement, l'air me devint irrespirable, m’obligeant à sortir.

La vague passée, et le silence revenu, le papier tue-mouches tourna lentement son tire-bouchon à l'envers, le gros réveil à ressort, couché sur ses petits pieds arrêta ses aiguilles phosphorescentes sur les chiures de mouches de l'étagère, et lentement la chaleur de midi aidant, l'épicerie s'endormit.

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Mes parents en été 1958. Elle a 38 ans. Il a 40 ans.

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Mes parents. En 1958. Elle a 38 ans. Il a 40 ans.

Quelques photos de Papa et Maman.

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Papa et Maman. Rabat 1963.

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Papa. Rabat soir de chabbat février 1964.

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Papa, maman, mon frère, ma sœur et moi à table.

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Papa et moi à table. Rabat 1964.

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Papa et Maman. Rabat 1965.

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Papa et Maman. Rabat 1965.

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Papa Henri. Rabat 1966. Il a 48 ans.

Vue sur la place de la Gare. A gauche c'est l'avenue Mohamed V partie haute. On venait d'aménager cet appartement pris en location pour un an. Mon père avait vendu notre villa de l'Agdal afin de préparer notre départ définitif de Rabat pour Paris en août 1967. On était bien placé à côté de la gare ferroviaire et mon père n'était pas loin de son commerce d'optique-photo donnant sur une rue (du 18 juin 1940) de l'avenue Mohamed V partie basse. Début 1967 il se projetait de vendre son magasin, mais après réflexion il décida de le laisser à mon frère Charles pour le faire fonctionner. De plus les affaires étaient encore bonnes, puis il du partir aussi de Rabat définitivement pour Nice en 1971 avec femme et enfant.

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Cet ouvrage comporte 84 articles. 33/84.

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