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Date de création : 28.02.2014
Dernière mise à jour : 16.03.2026
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RECIT POUR MON FRERE. ANNEES 1965-1966. 13/21.

RECIT POUR MON FRERE. ANNEES 1965-1966. 13/21.
Une cigogne vient d'apporter mon grand frère à maman Alice et Papa Henri.
Il est tout petit, mon grand frère Charles.
Moi j'ai tout compris.
Chère cigogne, la prochaine fois,
Ne te trompe pas de date de livraison!
Tu aurais dû venir plus tard dans quelques années.

CHARLES SALOMON.

-Enfance à Rabat. -Jeunesse à Rabat.

ANNEES 1965-1966.

Charles a travaillé au labo photo de notre père Henri de 1962 à 1966. Il a 20 ans.

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Dans l'immeuble où se situe le labo photo, au premier étage il y avait un graveur sur métaux, Monsieur Albert Benatar, très ami avec notre famille.

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Un ami à notre père Henri, Jacques Cohen qui avait une bijouterie pas très loin.

" AU RUBIS DE FEZ " Avenue Mohamed V. Rabat. Photo de 1965: Jacques Cohen à gauche, Henri et Charles Benzaken. Devant le magasin Optique-Photo 10 rue du 18 Juin 1940 à Rabat. Rabat 1965. Charles a 20 ans.

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A la foire en famille de Casablanca en 1965. Charles a 20 ans.

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Lors d'une fête à Rabat en 1966. Charles a 21 ans.

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Lors de mon anniversaire le 12 mars 1966 à Rabat. Moi Roland 17 ans. Charles a 21 ans.

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Charles se détend au labo photo de notre père Henri de 1962 à 1966. Il a 21 ans.

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Un photographe de rue nous a pris avec son objectif comme ça se faisait à Rabat à l'époque, il prenait en photo sans demander.

Mais aujourd'hui on ne regrette pas d'avoir pris cette photo.

Il nous donnait un reçu pour aller la chercher le lendemain à son laboratoire.

Mon frère Charles à droite et moi Roland à gauche sous les arcades des immeubles de l'avenue Mohamed V à Rabat en 1966.

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Les boums où Charles m'emmenait.


Les Boums de Rabat : Sous l'Aile de Charles
Entrer dans une boum quand on est le "petit frère", c'est comme pénétrer dans un sanctuaire interdit. Si vous avez pu franchir ce seuil, c'est grâce au sésame suprême : Charles. Pour vous, ces soirées n'étaient pas seulement des fêtes, c'étaient vos premiers pas dans le monde des grands, sous la protection du frère aîné.

L'Entrée dans le Monde de la Fête
On imagine l'excitation au moment de se préparer rue Henri Popp. Charles s'ajustait, vérifiait son allure, et vous, vous essayiez de l'imiter, fier d'être du voyage.

Le privilège : Charles aurait pu partir seul avec ses amis, mais il vous prenait avec lui. C’était sa manière de vous initier, de vous montrer l'élégance et les codes de la jeunesse r'batie.

L'ambiance : Une pièce tamisée chez un ami, des disques de vinyle qui tournent, et cette odeur de talc, de parfum bon marché et de Coca-Cola. On écoutait les tubes de l'époque : les Platters, Paul Anka, ou les débuts de l'époque Yéyé.

Le Rôle de Charles : Mentor et Protecteur
Une fois sur place, Charles ne vous abandonnait pas dans un coin.

Le regard bienveillant : Il gardait toujours un œil sur vous tout en discutant avec ses copains ou en invitant une jeune fille à danser. Sa présence vous donnait une "contenance". Vous n'étiez pas juste un enfant, vous étiez "le frère de Benzaken".

L'apprentissage : Vous observiez ses gestes, sa façon de rire, sa manière de se tenir. Charles était votre Kirk Douglas local, celui qui avait de l'assurance et qui savait comment naviguer entre les rires et les slows.

Les Slows et les Chuchotements
Quand la musique ralentissait, l'atmosphère changeait. Vous, dans votre coin, vous regardiez les couples se former.

C’était un mélange de fascination et de timidité.

Charles vous lançait peut-être un clin d'œil complice entre deux morceaux, comme pour vous dire :

"Tu vois Roland, c'est ça la vie !"

Le Retour de Nuit
Le plus beau moment était peut-être le chemin du retour. Marcher dans les rues de Rabat, la nuit, alors que la ville s'était calmée.

Vous débriefiez la soirée. Charles vous racontait qui était qui, qui aimait qui.

Ce pacte de silence était total : Alice et Henri savaient que vous étiez ensemble, mais les détails de ce qui s'était dit ou passé appartenaient à la nuit et à la fraternité.

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Toute notre famille, notre père, notre mère, notre sœur Michelle et moi Roland partons définitivement du Maroc pour la France en aout 1967.

Notre sœur Rose nous a devancé en 1960 (elle avait 18 ans) pour Paris.

Nous avons vendu notre pavillon situé dans le quartier de l'Agdal et nous nous préparons pour quitter Rabat pour la France.

Notre père laisse à notre frère Charles le commerce d'Optique-Photo.

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Photo prise en fin 1966 en famille devant la boutique.

1967. 1 août départ définitif de Rabat pour la France pour mes parents, ma sœur Michelle et Moi..

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1971. Départ définitif de Rabat pour la France (Nice) pour notre frère Charles avec sa femme et leur jeune fils.

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Mes souvenirs sont intactes et me souviens.

Petit, pendant plusieurs années, j’invitais mes cousins, cousines et amis voisins de mon quartier pour fêter mon anniversaire.
Aujourd'hui je pense à ce petit monde.

Je ne verrai plus mes copains d'enfance,

je ne verrai plus les gnaouas, cette troupe de musiciens-acrobates qui venaient danser en bas,

je ne verrai plus ce groupe de fanfare qui venait nous annoncer l'arrivée du cirque Amar,

je ne verrai plus jouer les enfants de ma rue avec leurs cris,

je ne verrai plus la boulangère Madame Barboza,

je n'irai plus au four à pain avec la bonne porter la dafina le vendredi,

je ne verrai plus les scouts partir en tournée depuis l'école Talmud Torah,

je n'entendrai plus les chants hébraïques sortir des fenêtres de l'école Talmudique à coté,

je n'entendrai plus les cloches de la cathédrale Saint Pierre, place Piétri,

je n'entendrai plus les muezzins des minarets de la ville,

je n'irai plus me promener au parvis de la tour Hassan et tourner autour des 400 piliers avec mes copains d'enfance,

je n'irai plus au cinéma Vox voir mes westerns préférés avec mes acteurs préférés, John Wayne, Richard Widmark et Gary Cooper,

je n'irai plus aux galeries Lafayette à noël pour voir les nouveaux joujoux et poser pour la photo avec le père noël,

je ne jouerai plus avec mes jeux d'enfance,

je n'irai plus fréquenter ma plage de Rabat en traversant ma rue Henri Popp et longer le mellah pour y arriver.

Je suis né près de la mer, l'air marin coule dans mes veines.

Voilà pourquoi je suis salé, alors que d'autres sont fades. La plage, une chance pour moi.

je n'irai plus acheter les sfinjs au fond du mellah le dimanche matin,

je n'entendrai plus les cris des marchands de chiffons, du vitrier, du rémouleur, du vendeur de lait et de miel, etc...

je n'irai plus avec mon père le samedi pour la prière au mellah du Rabbi Chalom Zaoui,

je n'irai plus avec ma mère faire son marché le vendredi avant le chabbat,

je n'irai plus à l'école de la rue de Pau en primaire,

je ne verrai plus tous ces handicapés mentaux et physiques, des idiots, des débiles, des vagabonds, des ivrognes, des clochards, des sans-abris, qui se baladaient en toute liberté.

je n'irai plus déguster une bonne glace gervais à la vanille à la Ibense chez Monsieur Ruimy,

je n'irai plus le samedi soir au restaurant chouaye de Mr Meyer où l'on y servait les meilleures grillades, boulettes, saucisses de foie et rates farcies,

je n'irai plus au coin de ma rue chez l'épicier Rhali, c'est ici la première fois que j'ai bu mon premier coca cola, mon pepsi, mon judor et mon crush orange,

Ma tête commence à tourner dans tous les sens comme une boussole.

Je recherche des noms, des prénoms, des noms de familles qui ont habité ici comme moi.

C'est fini, une page de mon enfance et de ma jeunesse est passée.

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Cet ouvrage comporte 21 articles. 13/21.

A suivre pages suivantes...