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Date de création : 28.02.2014
Dernière mise à jour :
07.02.2026
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j'y suis moi même, en train de chercher les rues de mes grands parents... belles photos!
Par Anonyme, le 05.02.2026
9 chances sur10, qu'il est mon grand pere
Par Anonyme, le 27.01.2026
mein vater war auch hartmann,und er ist tot in stalingrad
Par Anonyme, le 27.01.2026
merci. j'ai retrouvé la rue où habitait ma grand-mère
Par Anonyme, le 27.01.2026
camp d’exterminat ion en italie : trieste
Par Anonyme, le 26.01.2026
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Photo : Bab Sba. Cliché anonyme de 1917, tirage à partir d’une plaque de verre.

Le cliché est pris depuis la porte du palais.
Par Bab Sba on entre, lorsque l’on vient de Fès-Jdid, dans la cour du méchouar de la Makina. Au fond, on aperçoit par l’ouverture centrale, Bab Khibat es-Smen .
En 1917, Bab Sba ou Bab es-Sba ou Bab Sbâa « la porte du Lion » qui dans la toponymie actuelle porte le nom de Bab Dekkaken « la porte des banquettes » (Bab Dekkaken est en réalité la porte du palais, située en face) ouvre trois ogives sur la placette ; à l’origine seule existait l’ouverture ouest (à gauche).
Le passage central a été percé en 1884 lors de la restauration de la porte. Celui de l’est ( à droite) date de 1912.
La légende nous est rapportée par l’espagnol Diego de Torresqui séjourna plusieurs années au Maroc, vers 1550, où il s’efforce de racheter des captifs chrétiens et recueille des informations sur le pays pour le roi du Portugal. Il est l’auteur d’un livre très important pour la connaissance du Maroc, publié, en espagnol, à Séville en 1586.
Vers le début du XIVème siècle, un chevalier castillan, Alphonse Perez de Guzman, , séjourna à Fez et fut reçu avec honneur par le sultan, qui le logea dans son palais de Fès-Jdid. Un jour qu’ils étaient à la chasse, du côté de la montagne berbère, les Maures jaloux de la faveur dont jouissait le chevalier chrétien, l’égarèrent dans la forêt et le malheureux Perez ne put retrouver la route de Fès.
Notre chasseur fut alors témoin, dans une clairière, de la lutte d’un lion avec un serpent et dans cette bataille le lion paraissait tout près de succomber. C’est alors que le chevalier se porte au secours du lion, tranche la tête du serpent avec son épée et emporte comme trophée et témoignage de sa victoire la langue du serpent. Le lion, reconnaissant au bon chevalier de son intervention, le met dans la bonne voie, et le précède sur le chemin de Fez, le guidant comme un brave chien.
Le sultan fut heureux de retrouver son favori : il commanda qu’on distribuât une nourriture abondante au lion et voulut que la porte où le lion était rentré à Fez fut appelée désormais Bab Sba (la porte du lion).
Diego de Torrès raconte aussi que le lendemain au palais alors qu’Alphonse Perez contait ses prouesses de la veille, un certain maure s’en vint trouver l’émir et affirma qu’il venait lui-même de tuer le serpent dont parlait le chevalier castillan et comme preuve de cet exploit il montra la tête du reptile.
On commença déjà à douter de Perez de Guzman et à attribuer à ce Maure la délivrance du lion ; on allait même lui donner une récompense quand soudain Perez, exhibant la langue du serpent qu’il avait conservée, confondit l’imposteur qui dût reconnaître qu’il avait tenté d’abuser de la crédulité du Sultan et qu’il n’avait pas tué le serpent.
Le Père Henri Koehler dans sa conférence intitulée « En feuilletant les pages ignorées de l’histoire de Fès » prononcée devant les « Amis de Fès » le 4 mai 1951 rapporte que « sous le pontificat de Lope, évêque de Marrakech, c’est-à-dire de 1246 à 1260, les troubles politiques causés par l’arrivée des premiers Mérinides, mirent aux prises le Sultan du sud et ses compétiteurs et par conséquent les milices chrétiennes de l’un et l’autre parti.
L’évêque, désolé de ce conflit qui engageait les chrétiens, offrit sa médiation au Sultan et envoya trois franciscains pour obtenir une trêve.
Ceux-ci partirent avec quelques marocains d’escorte. Mais, ayant eu vent de l’ambassade, certains des révoltés se préparèrent à lui couper la route. Comme ils allaient s’approchant de l’endroit critique, les religieux virent un lion énorme sortir des fourrés ; l’escorte s’enfuit ; les religieux effrayés jetèrent au fauve leurs provisions de route. La bête accepta de bonne grâce le casse-croûte et se mit à les suivre à la façon d’un aimable caniche.
On arrivait à l’embuscade… les ennemis parurent en nombre, mais le lion bondit, crinière hérissée, crocs en avant ; à son rugissement, ce fut la panique. L’ambassade put continuer son chemin, obtenir une trêve et revint, toujours sous la protection du lion mystérieux «
Ne serait-ce pas le fondement de l’histoire de Diego de Torrès que nous venons de rapporter (début XIVème siècle) ? La légende franciscaine se situe vers 1250/1260 ; la légende du gentil lion bienveillant était peut être un classique de l’époque ! et l’on comprend mieux maintenant pourquoi ces braves lions de l’Atlas ont disparu !
Le nom de Bab Sba est demeuré jusqu’à nos jours, une inscription arabe en mosaïque, au dessus de la voûte, l’atteste et dit que la porte fut restaurée en 1303 de l’hégire (1884). C’est à tort que l’on appelle cette porte Bab Dekkaken, nom qui est celui de la porte d’entrée du palais, parce que les banquettes voisines permettaient aux plaignants convoqués à la mahakma (tribunal) du pacha de s’asseoir en attendant d’être appelés.
C’est à cette porte de Bab Sba que le corps de l’Infant Don Fernando du Portugal a été suspendu par les pieds pendant trois jours après sa mort en juin 1443.

Bab Sba : vue côté intérieur, côté méchouar de la Makina.
On distingue au-dessus de la voute, l’inscription en mosaïque et à travers la porte, sur la gauche au fond, la porte qui mène vers Fès-Jdid.