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La destruction du judaïsme polonais. LA SHOAH. 2/3.

La Shoah en Pologne :
La destruction du judaïsme polonais.

Le 30 janvier 1933, Adolf Hitler, homme profondément raciste et antisémite, est nommé chancelier en Allemagne. Très rapidement, puisque dès 1933, des persécutions contre les Juifs, qu'il juge comme étant une "sous race", vont voir le jour. Dans un premier temps, Hitler va vouloir forcer ces derniers à quitter l'Allemagne. Puis, sa haine des Juifs étant si intense, il va décider leur extermination. Il ne voulait plus seulement les obliger à quitter l'Allemagne. Il voulait éradiquer cette race de l'Europe, afin de venger la défaite de son pays, en 1918 car il jugeait les Juifs responsables du diktat de Versailles. En 1939, l'Allemagne nazie envahit et occupe la Pologne: c'est le début de la Seconde guerre mondiale. Face aux victoires des nazis, Hitler envisage la déportation de tous les Juifs d'Europe en Sibérie, après une hypothétique victoire face à l'Union Soviétique, pour une mort lente.

Cependant, l'Union Soviétique résiste. Alors, Hitler décide l'extermination totale et immédiate des Juifs d’Europe. Les Nazis construisent des camps en Pologne occupée, destinés à massacrer la totalité des Juifs d'Europe, entre 1941 et 1942. Ils vont rafler les Juifs de toutes les nationalités et les déporter dans les camps afin de mettre en œuvre la "Solution Finale". Le plus célèbre reste le centre Auschwitz-Birkenau.

On peut tout de même se demander comment et par quels moyens les Nazis sont-ils parvenus à exterminer en Pologne, les Juifs non polonais, de l'Europe entière.

Dans une première partie nous étudierons le processus allant de la volonté d'Hitler d'assassiner les Juifs, jusqu'à la décision officielle en 1942 qui aboutira sur la planification et l'organisation du plus grand génocide de l'Histoire. Puis, nous verrons la mise en œuvre de cette décision, c'est-à-dire, comment et où les déportations se sont-elles faites. Enfin, nous analyserons le rôle fondamental du plus grand centre de mise à mort, dans la Shoah, qui est Auschwitz-Birkenau.

1 - Planifier et organiser la solution finale

1.1 - La décision en novembre 1941

Selon Edouard Husson, un historien universitaire, spécialiste de l'Allemagne, dont l'Allemagne  nazie,  les hauts dirigeants nazis avaient prévu deux étapes, pour mettre fin au "problème juif". Tout d'abord, il y aurait le massacre des juifs de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) à partir de juin 1941. Puis, après la défaite de l'union soviétique de Staline, ils procèderaient à la déportation de tous les autres Juifs européens, qu'ils projetaient d'emmener en Sibérie, pour une mort lente.
C'était dans la perspective où l'URSS serait vaincue à l'automne 1941. Contre toutes ses attentes, malgré les défaites de l’été 1941, l'URSS résiste aux nazis. Hitler est contraint alors de changer de stratégie. Ne voulant pas renoncer à son projet, il décide alors le début de la deuxième partie du génocide: celui des juifs vivant en Pologne, dès la fin de l'été. 

Dans son livre intitulé "Nous pouvons vivre sans les juifs" Novembre 1941, Husson déclare que la décision fut prise par Hitler au tout début du mois de novembre 1941 et communiquée dès le 5 novembre à Himmler. Cette datation au jour près repose sur deux sources qui sont l’agenda professionnel de Himmler, qui ne comporte aucune mention explicite, et un témoignage d’après-guerre d’un témoin privilégié mais secondaire, le docteur Felix Kersten, masseur du Reichsführer, selon lequel, le 11 novembre, Himmler lui aurait confié que l’on « projetait l’anéantissement des Juifs ». Husson appuie son analyse sur un des discours du Führer, datant du 9 novembre 1941, où il pense entrevoir des éléments rhétoriques impliquant implicitement un passage au meurtre.

En effet, le 9 novembre est une date clé pour Hitler: il symbolise la défaite allemande de 1918 et le putsch de la Brasserie (tentative de prise du pouvoir par la force en Bavière menée par Hitler). Cette date pourrait expliquer le pourquoi du génocide. Il aurait utilisé cette date symbolique pour venger l'armistice de 1918, dont il juge, dans sa haine antisémite, les juifs pour responsables. Voilà pourquoi il aurait décidé l'extermination des juifs.

Il est important de préciser qu’Hitler a tout fait pour effacer les traces de son implication. On n'a pas retrouvé d'ordre écrit de sa main. Cependant personne de doute qu'il y a eu préméditation chez lui. D'après l'historien, des éléments permettent, indirectement, de retracer le processus de décision. En effet, il y a des traces d'ordres venus d'en haut, écrits ou oraux aujourd'hui détruits (comme l'agenda d'Himmler, ou encore des témoignages...). 

C'est donc dans la première quinzaine de novembre qu'Hitler aurait pris sa décision.  
La deuxième étape, après la décision en novembre 1941, à lieu lors de la Conférence de Wannsee, deux mois plus tard, le 20 janvier 1942.

 

1.2 - L'organisation et la planification

La Conférence de Wannsee

Le 20 janvier 1942, une réunion fut ainsi organisée par Reinhard Heydrich, l'adjoint d'Heinrich Himmler et le directeur de l'Office central de sécurité du Reich (Reichssicherheitshauptamt). Quinze hauts fonctionnaires du Parti nazi et de l'administration allemande se réunissaient dans une villa réquisitionnée par l'Office central de sécurité du Reich, dans la banlieue de Berlin, au bord du lac de Wannsee.  

Lors de cette conférence, les SS de l'Office central de sécurité du Reich estimèrent que la "Solution Finale", impliquerait 11 millions de Juifs européens. Les planificateurs nazis prévoyant d’y inclure les Juifs vivant dans les pays neutres ou non-occupés comme l'Irlande, la Suède, la Turquie et la Grande-Bretagne. Ils se réunirent pour coordonner la déportation des Juifs européens dans les camps d'extermination déjà en fonctionnement ou en cours de construction en Pologne occupée par l'Allemagne.

La signification véritable de cette réunion, connue sous le nom de Conférence de Wannsee, reste tout de même débattue par les historiens. Certains pensent qu'il s'agissait de coordonner et de discuter de la mise en œuvre de la "Solution finale" (terme employé pour désigner l'extermination des Juifs d'Europe) entre les grandes administrations allemandes. D'autres réfutent cet argument en affirmant que  le but de cette conférence était d'officialiser la décision prise deux mois plus tôt.

Cette réunion n'était pas la première de ce type, une semblable l'avait précédée et une autre sera organisée quelques mois plus tard. La seule certitude, c'était que Reinhard Heydrich tint cette réunion pour mettre au courant les membres clé des rouages ministériels allemands, dont les ministres des Affaires étrangères et de la Justice. En effet, leur coopération était vitale pour la mise en œuvre du génocide.

La "Solution finale" était le nom de code nazi pour la destruction délibérée, programmée, des Juifs d'Europe. La Conférence de Wannsee détermina la façon dont la solution du "problème juif" selon Hitler, par des assassinats de masse, serait transmise aux ministères et fonctionnaires concernés.

u moment de la Conférence de Wannsee, la plupart des participants avaient déjà conscience du fait que le régime national-socialiste s'était engagé dans les meurtres de masse des Juifs. Certains avaient eu connaissance des actions des Einsatzgruppen (unités mobiles d'intervention qui ont tout de même fait 1,3 millions de morts, soit 24% des victimes de la Shoah). Au moment de la Conférence de Wannsee, au moins 500 000 Juifs avaient déjà été assassinés en Europe orientale ou dans les Balkans. Parmi les participants il n'y eut aucune opposition à la politique prévue.

Les Lois de Nuremberg servaient à déterminer qui était juif. « Sous bonne surveillance, les Juifs devraient être (…) transportés à l'Est », annonça Heydrich, « et affectés à un travail approprié… Les Juifs valides, séparés selon leur sexe, seront emmenés dans ces régions pour y travailler à la construction de routes, et la plupart d'entre eux seront éliminés naturellement. Il faudra traiter les survivants convenablement ». Les discussions portèrent seulement sur le sort des demi-Juifs et des conjoints d'aryens. Cette question ne fut d'ailleurs pas tranchée complètement.

Le compte rendu de la réunion fut rédigé en trente exemplaires. L'un d'entre eux sera retrouvé après la guerre au ministère des Affaires étrangères. La conférence de Wannsee reste le symbole du caractère bureaucratique de la Shoah.

La mise en œuvre de la Shoah

Des déportations sur une telle échelle nécessitaient la coordination de divers organismes du gouvernement allemand, principalement de l'Office central de sécurité du Reich (RSHA), de l'Office principal de la Police d'ordre, du ministère des Transports, et du ministère des Affaires étrangères et la Reichsbahn, l'entreprise publique de chemins de fer. Le RSHA ou les dirigeants SS et de la police régionale coordonnèrent et souvent dirigèrent les déportations. La Police d'ordre, souvent renforcée par des auxiliaires ou des collaborateurs locaux dans les territoires occupés, raflèrent et transportèrent les Juifs vers les camps d'extermination. Le ministère des Transports organisait le trafic ferroviaire (les horaires des trains...) Le ministère des Affaires étrangères négocia avec les alliés de l'Allemagne au sein de l'Axe la livraison de leur citoyens Juifs.

Le réseau ferroviaire européen, planifié par le ministère des Transports, a joué un rôle fondamental dans la mise en œuvre de la "Solution finale". Les Juifs d'Allemagne et ceux de l'Europe occupée par les Allemands furent déportés vers les camps de concentration et/ou d'extermination, en Pologne occupée (depuis l'invasion de cette dernière par l'Allemagne nazie le 1er septembre 1939), où ils allaient être assassinés. 
Les Allemands tentèrent de déguiser leurs intentions criminelles en qualifiant ces déportations de "repeuplement à l'est". On disait aux victimes qu'elles étaient envoyées dans des camps de travaux forcés, mais en réalité, dès 1942, la déportation signifia pour la plupart des Juifs le voyage vers les camps d'extermination.

Entre décembre 1941 et juillet 1942, les nazis créèrent des camps d'extermination, ou centres de mises à mort, en Pologne occupée. Une fois les camps d'extermination opérationnels, les ghettos (dans lesquels, les Juifs, venus de toute l'Europe, étaient entassés)  furent liquidés et les Juifs furent déportés par voie ferroviaire vers ces centres d'extermination.  Il y avait Chelmno, Belzec, Sobibor, Treblinka et Auschwitz-Birkenau. Un autre camp de concentration, situé près de Lublin et connu sous le nom de Maïdanek, servait de site pour le meurtre de groupes ciblés de prisonniers juifs et non juifs, par gaz ou par d'autres méthodes. Les Allemands tuèrent au moins trois millions de Juifs dans les camps d'extermination. Le massacre des Juifs, dans les camps d'extermination représente 60% du génocide de la Shoah. 
Les déportations vers les camps d'extermination de Belzec, Sobibor et Treblinka furent conduites dans le cadre de l'action Reinhardt (la destruction du judaïsme polonais) et gérées par les autorités SS et de police du district de Lublin du Gouvernement général (territoire à l'intérieur de la Pologne occupée). Les Juifs de Pologne du sud et du sud-est furent les principales victimes de Belzec. La plupart des Juifs déportés à Sobibor venaient du district de Lublin. Les Juifs des districts de Varsovie et de Radom furent déportés à Treblinka et y furent tués. Les autorités allemandes déportèrent les Juifs du ghetto de Lodz au camp d'extermination de Chelmno, créé en Pologne occidentale en décembre 1941.
Ces centres de mise à mort reçurent aussi des Juifs d’autres pays, mais les deux camps principaux destinés aux Juifs non polonais furent Lublin-Maïdanek et surtout Auschwitz II-Birkenau.

2 - Déporter

Après avoir organisé et planifié la "Solution Finale", les Nazis passèrent à l'acte. Ils déportèrent de force les Juifs et autres victimes, vers les camps de concentration et d'extermination, pour les enlever ainsi, de leur territoire. La déportation s'est fait par le réseau ferroviaire. En effet, les allemands utilisèrent les réseaux ferrés de l'ensemble du continent pour transporter les Juifs vers la Pologne. 
Pour les déportations, les Nazis utilisèrent parfois des wagons de passagers, mais essentiellement des wagons de marchandises. Les déportés ne recevaient en général ni eau ni nourriture pendant le voyage, même lorsqu'ils devaient attendre des journées entières sur des voies de garage pour laisser passer d'autres trains. Les wagons de marchandises utilisés étaient surpeuplés. Les Juifs enduraient une chaleur intense pendant l'été, et des températures extrêmement basses en hiver. En-dehors d'un seau, il n'y avait aucune installation sanitaire. Les wagons étaient seulement  recouverts d'une couche de paille. Les odeurs d'urine et d'excréments ajoutaient encore à l'humiliation et à leur souffrance. Par manque de nourriture et d'eau, nombreux étaient les déportés qui mourraient avant d'arriver à destination. La nuit, les wagons étaient hermétiquement fermés. Les transports étaient accompagnés par des gardes de police armés ou des SS qui avaient ordre de tirer sur quiconque tentait de s'échapper.
Entre l’automne 1941 et l’automne 1944, des millions de gens furent transportés par train vers les camps d'extermination et autres sites de destruction dans la Pologne et l'Union Soviétique occupées.

 

2.1 - L'Europe de l'Ouest et du Nord

Les officiels allemands et leurs collaborateurs locaux déportèrent les Juifs d'Europe occidentale via des camps de transit comme ceux de Drancy en France, de Westerbork aux Pays-Bas et de Malines (Mechelen) en Belgique. Prenons le cas de la France. A partir du 10 juillet 1940, le Maréchal Philippe Pétain fait disparaitre la République Française, au profit d'un nouveau régime: le Régime de Vichy, désigné sous le nom d'Etat Français. Pétain met rapidement en œuvre une politique de collaboration avec l'Allemagne nazie.

La France va être responsable de l'arrestation et la livraison de milliers de Juifs. Sur environ 75 000 Juifs déportés de France, plus de 65 000 furent déportés de Drancy à Auschwitz-Birkenau. Par ailleurs, les Allemands déportèrent plus de 100 000 Juifs des Pays-Bas, presque tous à partir de Westerbork : environ 60 000 à Auschwitz et plus de 34 000 à Sobibor. Entre août 1942 et juillet 1944, 28 trains transportèrent plus de 25 000 déportés juifs de Belgique à Auschwitz-Birkenau via Malines (Mechelen). Le réseau ferroviaire européen a donc joué un rôle crucial dans les déportations. Lorsque des trains n'étaient pas disponibles et que les distances étaient courtes, les déportations se faisaient par marche forcée ou par camions.


A l'automne 1942, les Allemands arrêtèrent environ 770 Juifs norvégiens et les déportèrent par bateau et par train à Auschwitz. Une tentative de déportation des Juifs danois en septembre 1943 échoua lorsque la résistance danoise, mise au courant des rafles imminentes, aida à la fuite en masse des Juifs vers la Suède neutre. Ainsi, la population danoise qui s’attendait depuis longtemps à l’arrestation des Juifs, a aidé les Juifs à rejoindre la Suède dans des embarcations de pêcheurs. Les réseaux de résistance ont pris en charge financièrement leur voyage. De leur côté, les responsables juifs ont informé les communautés locales de l’imminence des arrestations. La nouvelle s'est répandue dans les synagogues à l’occasion des offices.

Les Juifs ont tout juste eut le temps de quitter leurs résidences et de se cacher dans des familles non-juives. Les hôpitaux et cliniques de Copenhague ont "renvoyé" tous leurs patients portant un nom juif et, sans même qu’ils quittent leur lit, les ont réadmis sous d’autres noms. Certaines cliniques vont jusqu’à hospitaliser des familles entières de Juifs en parfaite santé. Au total, sur 7800 Juifs danois, seulement 477 seront arrêtés. Une cinquantaine d’entre elles dont l’état de santé interdisait le transport furent relâchées. Et finalement, ce ne sont que 425 Juifs, soit 5% de la population juive danoise, qui furent embarqués sur le vapeur allemand "Wartheland", prévu pour transporter au moins 5000 personnes.

2.2 - L'Europe du Sud

Les Allemands déportèrent également des Juifs venant de Grèce, d'Italie et de Croatie. Entre mars et août 1943, 40 000 Juifs furent déportés de Salonique (en Grèce septentrionale) à Auschwitz-Birkenau. La plupart des déportés furent gazés à leur arrivée. Après l'occupation de l'Italie du Nord (c'est-à-dire la majeure partie de l'Italie septentrionale et centrale)  par les Allemands en septembre 1943, ils déportèrent environ 8 000 Juifs, la plupart à Auschwitz-Birkenau. Ainsi, entre octobre et novembre 1943, les nazis raflèrent les Juifs de Rome, Trieste, Milan, Florence, Gênes puis dans d'autres grandes villes. Les Juifs furent internés dans des camps de transit comme le camp de "Fossoli di Carpi", situé à environ 20 kilomètres au nord de Modène, et le camp de Bolzano, situé en Italie du Nord-Est, créé à la fin de l'année 1943. Régulièrement, les nazis déportaient les Juifs de Fossoli di Carpi et de Bolzano vers le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau. San Sabba fut également un camp de transit pour la déportation des Juifs d'Italie du Nord-Est vers Auschwitz-Birkenau.

Certains Juifs furent déportés à partir de San Sabba, et plusieurs dizaines de Juifs y furent tués. Mantoue, Milan et Borgo San Dalmazzo furent d'autres camps de transit pour déporter, par la suite, les Juifs d'Italie. Sur la base d'un accord conclu entre l'Allemagne et la Croatie, son alliée au sein de l'Axe, environ 7 000 Juifs croates furent déportés à Auschwitz-Birkenau. Le gouvernement bulgare refusa la déportation de ses citoyens juifs qui vivaient à l'intérieur des frontières de la Bulgarie d'avant-guerre.

Cependant, des unités militaires et de gendarmerie bulgares raflèrent et déportèrent environ 7 000 résidents juifs de Macédoine occupée, une région qui avait fait partie de la Yougoslavie, via un camp de transit à Skopje. A partir de la Thrace sous occupation bulgare, environ 4.000 Juifs furent regroupés dans deux points de rassemblement en Bulgarie et remis aux Allemands. Au total, la Bulgarie déporta plus de 11 000 Juifs vers les territoires contrôlés par l'Allemagne. La plupart d'entre eux fut envoyée à Treblinka et exterminée.

2.3 - L'Europe centrale

Les autorités allemandes commencèrent à déporter les Juifs d'Allemagne, d'Autriche, des Sudètes et du Protectorat de Bohème et Moravie à partir d'octobre 1941, avant même la création des camps d'extermination en Pologne occupée. Entre octobre 1941 et septembre 1942, près de 50 000 Juifs furent déportés d'Allemagne vers les ghettos de Lodz et de Varsovie en Pologne; vers le ghetto de Minsk en Biélorussie; le ghetto de Kaunas (Kovno) en Lituanie, et le ghetto de Riga en Lettonie. Les Juifs allemands, autrichiens et tchèques furent envoyés dans les ghettos de Lodz et de Varsovie, à partir desquels ils furent plus tard déportés avec les Juifs polonais à Chelmno, à Treblinka, et, en 1944, à Auschwitz-Birkenau.

Certains Juifs allemands déportés dans les ghettos des Etats baltes et de Biélorussie furent massacrés par les Einsatzgruppen (unités mobiles d'extermination). Entre 1942 et 1943 en Allemagne, la majorité des Juifs restant furent déportés à Auschwitz-Birkenau. Les Allemands déportèrent les Juifs âgés et les personnalités d'Allemagne, d'Autriche, et du Protectorat de Bohème-Moravie, au ghetto de Terezin (Theresienstadt). Ce ghetto servit également de camp de transit pour les déportations plus à l'Est vers Auschwitz-Bikenau.

Entre mai et juillet 1944, les gendarmes hongrois, en coopération avec la police de sûreté allemande, déportèrent près de 440 000 Juifs de Hongrie. La plupart d'entre eux fut envoyée à Auschwitz-Birkenau. Plus de 50 000 Juifs slovaques furent déportés à Maïdanek et à Auschwitz-Birkenau. Lors de la dernière déportation majeure de la guerre, quelque 10 000 Juifs slovaques furent déportés à Auschwitz à l'automne 1944, pendant le soulèvement slovaque.

La déportation s'est donc effectuée dans l'Europe entière, que ce soit des pays occupés par l'Allemagne nazie, comme des pays collaborateurs, alliés.

3 - Anéantir : Auschwitz-Birkenau

Le camp de concentration et d'extermination, Auschwitz-Birkenau, peut être désigné comme le symbole de la Shoah. Il a joué un rôle fondamental dans le génocide des Juifs d'Europe. L'ensemble de camps de concentration d'Auschwitz fut le plus grand dans son genre sous le régime nazi. Les camps se trouvaient à environ une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Cracovie, près de la frontière d'avant la guerre entre l'Allemagne et la Pologne dans la Silésie du Nord, une région qu'annexa l'Allemagne nazie en 1939 après l'invasion et la conquête de la Pologne.

Les SS établirent trois principaux camps près de la ville polonaise d'Oswiecim : Auschwitz I en mai 1940, Auschwitz II (plus connu sous le nom "d'Auschwitz-Birkenau") au début de 1942 et Auschwitz III (appelé également Auschwitz-Monowitz) en octobre 1942. Des trains arrivaient à Auschwitz-Birkenau pratiquement tous les jours, amenant des Juifs venant de tous les pays d'Europe occupés par l'Allemagne: de la Norvège au Nord, jusqu'à l'île de Rhodes sur les côtes de Turquie au Sud, et des Pyrénées à l'Ouest jusqu'aux frontières orientales de Pologne et aux Etats baltes. L'anéantissement des Juifs d'Europe, non polonais, s'est principalement fait à Auschwitz-Birkenau.

3.1 - Les camps du centre Auschwitz-Birkenau

Auschwitz I

Auschwitz I, le camp principal, fut le premier camp créé. Sa construction commença en mai 1940. Les responsables SS forcèrent continuellement les prisonniers à travailler à l'agrandissement du camp. Au cours de la première année de l'existence du camp, les SS et la police nettoyèrent une zone d'environ 40 kilomètres carrés pour y créer une « zone de développement » réservée exclusivement au camp. Les premiers prisonniers d'Auschwitz comprenaient des prisonniers allemands transférés du camp de concentration de Sachsenhausen en Allemagne, où ils avaient été incarcérés comme récidivistes, et des prisonniers politiques polonais provenant de Lodz via le camp de concentration de Dachau, et de Tarnow dans le district de Cracovie.

Contrairement à la majorité des camps de concentration nazis, Auschwitz I fut construit dans trois objectifs. Tout d'abord, c'était un camp destiné à incarcérer les ennemis réels ou supposés du régime nazi et des autorités d'occupation allemandes en Pologne pour une durée indéfinie. De plus, il permettait aux allemands de disposer d'une main-d'œuvre pour l'utiliser dans les entreprises de construction des SS, dans les usines d'armement et autres unités de production liées à la guerre. Enfin, il devait servir de centre d'élimination physique de petits groupes d'individus ciblés dont les responsables SS et la police jugeaient qu'il était nécessaire de se débarrasser pour la sécurité même de l'Allemagne nazie.

A l'instar de la majorité des autres camps de concentration, Auschwitz I disposait d'une chambre à gaz et d'un crématorium. Au début, les ingénieurs SS construisirent une chambre à gaz improvisée dans le sous-sol du bloc 11 de la prison, la morgue du Krema I, qui servait déjà comme lieu d'assassinat par balles. Les SS pratiquèrent notamment cinq orifices dans le toit, par lesquels était déversé le Zyklon B, préparation qui dégageait de l’acide cyanhydrique, gaz mortel très violent qui provoque la mort rapide de ceux qui en respirent, même à une faible concentration.

Ensuite, ils installèrent une chambre à gaz plus grande et permanente qui faisait partie intégrante du premier crématorium dans un bâtiment distinct en dehors du bâtiment des prisonniers. 

Dans le camp Auschwitz I, les médecins SS procédèrent à des expériences médicales dans l'hôpital, le bloc 10. Ils effectuèrent des recherches pseudo scientifiques sur les bébés, les jumeaux et les nains et procédèrent à des stérilisations, des castrations et des expériences d'hypothermie sur des adultes. Le médecin le plus connu fut le capitaine et docteur SS Josef Mengele.
Entre le crématorium et le bloc des expériences médicales se tenait le « Mur noir » où les gardiens SS exécutèrent des milliers de prisonniers.

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