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31.01.2026
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L’incroyable histoire de Martin Gray.

Martin Gray est né à Varsovie au sein d’une famille juive, il était célèbre pour son livre « Au nom de tous les miens », dans lequel il raconte avoir perdu à deux reprises toute sa famille, d’abord dans les camps d’extermination nazis, puis dans l’incendie de sa maison dans le Sud de la France.
Martin et ses frères, Pologne, 1934.

Symbole vivant de la résilience face aux drame qu’il avait subit : deux fois il a perdu les êtres qui lui étaient les plus chers dans des conditions atroces.
Martin Gray a perdu tous ses proches, dans les camps de concentration
C'est la survie dans la campagne polonaise : il rencontre les traîtres, les bourreaux, mais il croise aussi des gens bienveillants. Il se joint à des groupes de résistants staliniens, participe au soulèvement du ghetto de Varsovie où il voit son père mourir fusillé, puis il partira pour New-York, où il lui reste membre de sa famille : sa grand-mère. A partir d'elle, il veut semer de nouveau les graines.
“Mais qui était la bête, de l’homme ou du chien ? Des chiens comme des hommes on pouvait faire n’importe quoi. Il n’y avait ni homme, ni chien, ni race maudite, seulement des hommes qui étaient devenus des bourreaux, d’autres qui les avaient dressés, peut-être des sociétés qui fabriquaient plus que d’autres des bourreaux.”

Le 1er septembre 1939, les nazis envahissent la Pologne. Martin Gray a alors dix-sept ans. Transféré dans le ghetto de Varsovie où son père travaille au Judenrat, il trouve le moyen d’en sortir en soudoyant des soldats nazis et devient ainsi un contrebandier. Plusieurs fois par jour, il fait des allers-retours pour ramener de la nourriture dans le ghetto grâce aux tramways. Lors d’une rafle, son père est attrapé pour être déporté. Grâce à ses appuis, Martin lui sauve la vie en l’aidant à s’échapper.
Plus tard, sa mère, ses deux frères et lui-même sont déportés à Treblinka, où sa mère et ses frères sont exterminés immédiatement.
Le 3 octobre 1970, lors de l’incendie du Tanneron, il perd son épouse et ses quatre enfants. Au bord du suicide, il déclare avoir décidé de lutter pour devenir un témoin et trouver encore une fois la force de survivre, l’écriture devenant alors, d’après lui, une thérapie.
Groupe d’hommes juifs ôtant leur chapeau devant le photographe allemand. Le jeune homme à gauche au second plan est Martin Gray. Ghetto de Varsovie, automne-hiver 1941.

L’écrivain franco-américain, né à Varsovie en 1922, a raconté son drame d’avoir perdu des êtres chers à trois reprises, le laissant seul survivant.
Ecrivain franco-américain d’origine polonaise, Martin Gray est mort dans la nuit du 24 au 25 avril, à son domicile de Ciney, en Belgique, à deux jours de son 94e anniversaire. Une longévité impressionnante pour un homme que le malheur frappa avec une obstination rare et dont le témoignage est devenu pour nombre de lecteurs une leçon de courage.
Né à Varsovie le 27 avril 1922, au sein d’une famille juive qui vit au cœur du ghetto, Mieczylaw Grajewski est le fils d’un gantier sans histoire. Tout bascule avec l’invasion de la Pologne par les nazis en septembre 1939. Pour ravitailler les siens, le jeune homme se fait contrebandier, franchissant les murs du ghetto pour y rapporter des vivres.
Arrêté, torturé, il s’évade mais se livre pour accompagner sa mère et ses frères. Eux sont assassinés dès leur arrivée au camp d’extermination de Treblinka. Mietek – futur Martin –, plus vaillant, est épargné et est chargé de sortir les cadavres des chambres à gaz pour les jeter à la fosse : un « totenjude ». Il s’évade encore, tente d’alerter ceux de sa communauté sur la réalité des camps, est pris, s’évade à nouveau, rejoint les partisans et fait à leurs côtés la chasse aux bourreaux et aux dénonciateurs. Il retrouve son père, un des chefs de la résistance militaire, mais le voit tomber sous les balles nazies lors de l’insurrection du ghetto. Il rejoint l’Armée rouge et c’est comme officier du NKVD qu’il participe à la prise de Berlin en mai 1945.
Passeur d’espérance
Malgré les distinctions militaires, le jeune homme tourne le dos à sa vie d’avant et en 1947 part rejoindre sa seule parente, une grand-mère octogénaire installée aux Etats-Unis. Il repart de zéro. Et, à force d’obstination, se refait une vie où il devient Martin Gray – il est naturalisé en 1952 –, antiquaire new-yorkais établi qui se diversifie dans la copie d’antiques. Comme il rêve de refonder une famille, sa rencontre avec Dina Cult, un jeune mannequin américain d’origine hollandaise, est providentielle. Ils se marient (1959), s’installent en France (1960), aux « Barons », sur la commune de Tanneron (Var), où Martin Gray devient exploitant agricole.
Dina et Martin.

Martin Gray et ses enfants : Barbara, Gregory, Larissa, Tom (en haut) et Jonathan.

Ensemble, ils se marient et, entre 1960 et 1968, ils ont quatre enfants.


Mais le bonheur part en fumée, lors d’un terrible incendie qui ravage le lieu le 3 octobre 1970, piégeant l’épouse de Martin et leurs quatre enfants. Un tel coup du sort manque conduire le veuf au suicide. Il se ressaisit et choisit de lutter contre les catastrophes par l’éducation et l’information grâce la Fondation Dina Gray « pour la préservation de l’homme à travers son cadre de vie » et, dès l’automne 1971, par une campagne explicite : « un arbre par enfant ».

Dans le même temps paraît le témoignage sur sa double tragédie telle que la transcrite l’historien et journaliste Max Gallo. Le livre, Au nom de tous les miens, paru chez Robert Laffont en octobre 1971, connaît un succès foudroyant et un nombre spectaculaire de traductions (26 langues et plus de 30 millions de lecteurs, estime-t-on).
La Shoah est alors peu médiatisée et la première partie du témoignage de Gray fait couler beaucoup d’encre. Certains contestent le récit – trop « romancé » – composé par Gallo. Et la polémique rebondit lorsque Robert Enrico porte le best-seller à l’écran en 1983. Un temps ébranlé par les arguments avancés par les détracteurs de Gray, l’historien Pierre Vidal-Naquet, dans les colonnes du Monde, reconnut l’injustice de la calomnie, tout en pointant le grand danger du parti pris adopté par Max Gallo : « Un historien, fût-il aussi romancier, ne devrait pas mélanger les genres. »
Dès lors, la vie de Martin Gray, inlassable passeur d’énergie et d’espérance, est scandée par d’autres livres (Le Livre de la vie [1973], Les Forces de la vie [1975], Vivre debout [1990], Au nom de tous les hommes [2004]), d’autres campagnes. D’autres naissances aussi puisque de deux nouveaux mariages il a cinq enfants.
Une inextinguible soif de vie et de survie qui reste exceptionnelle.
