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Date de création : 28.02.2014
Dernière mise à jour :
31.01.2026
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Abdelkrim Khattabi
Il a planté une république au cœur d'une monarchie dominée par deux puissances coloniales :
la France et l'Espagne. C'était en 1922.

Cet événement extraordinaire, ainsi que sur la guerre qui a embrasé tout le Rif entre 1921 et 1926, mettant en émoi tout l'Occident et inspirant bien des révolutions à venir.

La République du Rif.
Le gouvernement du Rif est surtout un gouvernement de guerre. Le chef rifain met d'ailleurs tout en œuvre pour assurer, avec des moyens de fortune, l'efficacité de son administration.
Dans cette région au relief difficile, il améliore les voies de communication. Un réseau de pistes muletières est aménagé pour relier les points stratégiques et ainsi faciliter la mobilité des troupes, l'acheminement du ravitaillement.
Les prisonniers, souvent espagnols, en sont les ouvriers. Une piste carrossable entre Ajdir et Targuist permet même à Abdelkrim d'utiliser son parc automobile, Ford ou Renault ainsi qu'une Torpedo 6 places Turcat Mery “double pare-brise” que le caïd Haddou a oublié de payer à M. de Loÿs, un armateur français d'Oran. Le souci de transmettre ses directives et de disposer rapidement de l'information conduit Abdelkrim à instaurer un service téléphonique.
D'après les renseignements des services français, les lignes sont accrochées sur des perches de thuya et constituées par “un mélange de fils de toutes sortes et de toutes dimensions”.
L'installation serait l'œuvre d'un prisonnier espagnol surnommé El mecanico Antonio. Embryonnaire, la téléphonie rifaine n'en est pas moins très efficace. Le réseau court d'Aït Kamara, quartier général de Abdelkrim près d'Ajdir, vers tous les secteurs sous contrôle rifain. Au besoin, les Rifains ont récupéré des appareils portatifs de campagne espagnols fonctionnant sur pile Mazda.
Un rapport du contrôle civil du 9 janvier 1925 note : “Tout ce matériel, qui inspire aux populations rifaines une sorte de crainte mystérieuse, est respecté par tous, femmes et enfants, qui se gardent bien d'y toucher”.
Il est mort en exil loin de sa patrie, mais le souvenir de la grandeur d'un homme reste vivant dans la mémoire collective des Rifains et des Imazighens en général.
Il y a bientôt 48 ans, le 6 février 1963, disparaissait en Egypte, à l'âge de 81 ans, Abdelkrim Al Khattabi, figure emblématique de la lutte contre le colonialisme franco-espagnol et un des pionniers de l'indépendance de l'Afrique du Nord.
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Abdelkrim al-Khattabi en 1923.

À partir de 1925, Abd al-Krim combat les forces françaises dirigées par le maréchal Pétain composées de 200 000 hommes et une armée espagnole commandée personnellement par le général Primo de Rivera, soit un total de 500 000 soldats, qui commencent les opérations contre la République du Rif.
Le combat intense dure une année et aboutit à la victoire des armées française et espagnole contre les forces de ‘Abd al-Krim1. En 1925, par télégrammes, Lyautey aurait demandé au président du Conseil Paul Painlevé l'envoi d'obus à ypérite. Toutefois, il n'existe aucune preuve documentée que ce gaz ait été utilisé par les troupes françaises.
Abdelkrim se rend aux Français comme prisonnier de guerre le 26 mai 1926. En dépit de cette reddition, les armées espagnoles feront usage de gaz de combat contre des villages tenus par les rebelles. Ainsi, dès 1926, des avions munis de gaz moutarde bombarderont des villages entiers, faisant des Marocains du Rif les premiers civils gazés massivement dans l'Histoire, à côté des Kurdes irakiens gazés par les Britanniques. On estime à plus de 150 000 le nombre de morts civils durant les années 1925-1926.
L'exil
Abdelkrim al-Khattabi, au moment de son départ pour l'exil en 1926.

En 1926, Muhammad Ibn ‘Abd al-Krim al-Khattabi et une partie de sa famille sont exilés à La Réunion et installés jusqu'en 1929 au Château Morange, sur les hauteurs de Saint-Denis.
Abdelkrim habite ensuite la commune rurale de Trois-Bassins, dans l'ouest de l'île, où il achète des terres et construit une belle propriété.
En mai 1947, ayant finalement eu l'autorisation de s'installer dans le sud de la France, il embarque, avec 52 personnes de son entourage et le cercueil de sa grand-mère, à bord du Katoomba, un navire des Messageries maritimes en provenance d'Afrique du Sud et à destination de Marseille.
Arrivé à Suez où le bateau fait escale, il réussit à s'échapper et passe la fin de sa vie en Égypte, où il présidera le « Comité de libération pour le Maghreb ».
Quand Azzam Pacha (Secrétaire général de la Ligue arabe) est allé le voir pour lui annoncer la création imminente d’Israël et la détermination des pays arabes à libérer la Palestine, l’émir lui a répondu : « Surtout pas, n’en faites rien. Cette guerre-là, nous ne pouvons pas la gagner, car il y a deux éventualités : ou nous sommes défaits par le petit État juif, et nous serons la risée du monde ; ou nous gagnons, et nous aurons le monde entier contre nous. Alors que faire ? Laisser les Juifs coloniser les Palestiniens. Nous aurons affaire à une situation coloniale classique, et les Palestiniens se libéreront, comme se libéreront un jour les Marocains, les Tunisiens et les Algériens ».
Toute sa vie durant, il refuse de retourner au Maroc malgré la signature d’accords d’indépendance, la critiquant de par sa nature : un « compromis de la monarchie marocaine avec les ex-puissances coloniales ».
Vers 1950 au Caire. Abdelkrim El Kattabi, le fervent révolutionnaire en exil avec ses deux enfants.

Muhammad Ibn ‘Abd al-Krim al-Khattabi meurt en 1963 au Caire. Le président égyptien Gamal Abdel Nasser lui accorde des funérailles nationales, sa dépouille reposant au Caire dans le carré réservé aux héros du monde arabe car les autorités marocaines refusent qu'il soit enterré sur son sol natal.